Secret-défenseEurope. Berlin souhaite disposer d'armes de dissuasion contre la Russie, tout en gagnant en autonomie par rapport à son partenaire américain, de plus en plus imprévisible. Par Kenza Soares El SayedPublié le 22/06/2026 à 13:54Après leur intervention en Iran et la baisse de leurs stocks, les Etats-Unis ont décidé de limiter leurs livraisons de missiles Tomahawk vers l'Europe. (Photo d'illustration)ZUMA PRESS/MAXPPP/MAXPPPL'Allemagne pourrait se tourner vers Israël et l'Ukraine pour renforcer son arsenal de missiles de croisière longue portée. L'information a été révélée par le média Politico, à partir d'une note interne du ministère de la Défense allemand. Deux entreprises ukrainiennes et une start-up israélienne sont en lice pour remporter le contrat. L'objectif de Berlin : disposer d'armes de dissuasion contre la Russie, tout en gagnant en autonomie vis-à-vis de son partenaire américain, de plus en plus imprévisible. Selon des responsables au fait du dossier, la direction de l'armement du ministère de la Défense allemand s'intéresse à la start-up israélo-américaine Covenant, fondée en 2024, et "qui prévoit de construire un écosystème d'approvisionnement européen souverain et des lignes de production en Allemagne et au Royaume-Uni", précise Politico. Les documents de planification mentionnent également deux entreprises ukrainiennes comme candidates pour le programme allemand de missiles de croisière à bas coût, témoignant du saut technologique fait par Kiev concernant son industrie de Défense. L'une d'entre elles est la société Fire Point, qui développe le système "Flamingo", et l'autre, non identifiée, est le fabricant d'un drone-missile à réaction de moyenne portée nommé "Bars". Les deux systèmes sont déjà employés dans la guerre contre la Russie.Menace russeLes documents du ministère de la Défense allemand reflètent la nouvelle ambition de Berlin : renforcer au plus vite, dès 2027, son système de défense aérienne. Son choix se porte sur des missiles de croisière suffisamment bon marché pour être achetés en grande quantité, en mesure d'être déployés rapidement et de mettre en danger des cibles russes.L'Allemagne songerait à diverses options : la première, pour horizon 2029, consisterait à acheter le lanceur de fabrication américaine Typhon, capable de tirer des missiles de croisière Tomahawk. L'année dernière, le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, avait déjà adressé une demande officielle auprès des Etats-Unis. La seconde option consisterait à acquérir des missiles de croisière à bas coût, pour être prêts dès 2027.Les deux autres axes concernent des projets de développement européens à plus long terme dont "un missile de croisière haut de gamme, développé en collaboration avec la Grande-Bretagne, prévu pour 2032", précise Politico, qui note qu'un arsenal de missiles de croisière diversifié constituerait un changement de stratégie majeur pour la défense allemande.Indépendance des Etats-UnisL'intérêt de l'Allemagne pour les fournisseurs israéliens et ukrainiens intervient alors que le président américain Donald Trump a pris la décision de ne plus déployer en Allemagne une unité américaine équipée de missiles Tomahawk. L'accord avait été passé avec l'ex-président américain Joe Biden, lors d'un sommet de l'Otan en 2024.Au-delà du désengagement américain en Europe, ce revirement des Etats-Unis peut s'expliquer par le fait que leur stock de missiles Tomahawk a été réduit par la guerre en Iran. Selon le Centre d'études stratégiques et internationales (CSIS), 850 missiles ont été tirés durant les premières semaines du conflit, soit environ un quart de ceux dont dispose le pays. Or, la marine américaine ne devrait recevoir que 110 nouveaux missiles cette année.
Défense : l'Allemagne se tourne vers Israël et l'Ukraine pour renforcer son arsenal de missiles
Berlin souhaite disposer d'armes de dissuasion contre la Russie, tout en gagnant en autonomie par rapport à son partenaire américain, de plus en plus imprévisible.
L'Allemagne signe des contrats de missiles croisière avec Covenant (Israël) et Fire Point (Ukraine), déploiement 2027-2032, autonomie vs Tomahawk Usa. Reshoring défense + vendor diversification reflètent shift supply-chain resilience: signal géopolitique critique pour CTO sur indépendance tech et résilience stratégique.











