Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Élections Élections Élections Tribune Solène Le Monnier Cofondatrice et présidente de l’Union nationale des élus locaux Dans une tribune au « Monde », Solène Le Monnier, cofondatrice et présidente de l’Union nationale des élus locaux, déplore l’absence de renouvellement au sein des exécutifs municipaux et y voit un manquement préjudiciable à l’impératif de représentation démocratique. Publié aujourd’hui à 13h30 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés A moins de dix mois de l’élection présidentielle, une question décisive manque au débat : la démocratie qui devra porter les promesses de 2027 est-elle encore en état de fonctionner ? Les résultats des élections municipales du mois de mars apportent un début de réponse. A la suite de ces élections, la France a « renouvelé » ses conseils municipaux, ceux-là mêmes où sont prises des décisions majeures concernant nos impôts, nos logements et nos transports. Pourtant, ce renouvellement est un trompe-l’œil. Dans 68 % des communes, une seule liste se présentait. Aucun choix offert à l’électeur : on vote, mais on ne choisit pas. Et là où l’on a voté, le pouvoir n’a pas bougé : au moins 83 % des maires de 2026 siégeaient déjà au conseil sortant, et 60 % sont le maire sortant reconduit. Les bancs se renouvellent ; le pouvoir, lui, se reconduit. Tout était légal. Mais la promesse démocratique était absente. L’Observatoire des pratiques démocratiques locales et l’Union nationale des élus locaux (UNEL) ont croisé cinq fichiers publics du ministère de l’intérieur : 34 868 communes, 510 964 conseillers municipaux. Les conseils, pris dans leur ensemble, se renouvellent : 56 % des élus de 2026 sont nouveaux. Mais ce renouvellement masque deux choses. D’abord, l’absence de choix. Dans les 23 681 communes à liste unique, 48 % des inscrits n’ont pas validé l’élection : ils se sont abstenus, ont voté blanc ou nul. Le vote nul y est cinq fois plus élevé qu’ailleurs – non une erreur de bulletin, mais un refus qui se déplace jusqu’à l’urne. Le second blocage correspond à la fermeture de l’exécutif. Le scrutin qui renouvelle les conseils n’ouvre presque pas la fonction de maire. Plus des trois quarts des maires de 2026 exerçaient déjà une fonction exécutive – maire ou adjoint – dans l’équipe sortante. Le vote change des visages au conseil, mais pas la main qui tient l’exécutif. Le droit local est irréprochable sur le papier. Le conseiller a le droit d’être informé, de consulter les pièces, de débattre, de contrôler l’exécutif. Ces droits existent mais ne produisent presque rien. Entre 2020 et 2026, 38 926 conseillers ont dû être remplacés avant la fin de leur mandat, soit 8 % des sortants. Décès mis à part, 15 000 à 22 000 de ces départs relèvent d’autres motifs, la démission en tête, et frappent d’abord les conseillers sans fonction exécutive – deux à quatre fois plus que les maires. Leurs causes sont documentées par l’UNEL dans la presse locale : le désaccord sans moyen de peser, l’absence de transparence, la concentration de la décision, l’impossibilité de tout contrôle effectif. Il vous reste 58.54% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.