Cinq géants bancaires canadiens figurent parmi les principaux bailleurs de fonds mondiaux des projets pétroliers et gaziers, selon un nouveau rapport.Publié ce mois-ci, le rapport 2026 de Banking on Climate Chaos a analysé les engagements financiers, notamment les prêts et les prises fermes de titres de créance, de 65 des plus grandes banques du monde qui investissent dans l’industrie des combustibles fossiles. Il conclut que les banques canadiennes ont été responsables de 11,8 % du financement mondial des énergies fossiles en 2025, alors que le Canada ne représente que 0,5 % de la population mondiale.La Banque Royale du Canada (RBC) est la banque canadienne qui a le plus investi dans ce secteur, se classant au septième rang mondial après avoir accru de 8,2 % son financement des combustibles fossiles de 2024 à 2025.TD, la Banque Scotia, la CIBC et BMO arrivent ensuite, aux 12e, 13e, 15e et 23e rangs respectivement.Les plus grandes banques du monde ont collectivement engagé 906 milliards de dollars américains auprès d’entreprises du secteur des combustibles fossiles en 2025, soit une hausse de près de 8 % par rapport à 2024.
« Un nombre de plus en plus restreint de banques portent une responsabilité de plus en plus grande dans le maintien de la dépendance mondiale aux combustibles fossiles, qui menacent de plus en plus le climat, déstabilisent la paix et la sécurité internationales et deviennent de moins en moins concurrentiels sur le plan des prix par rapport aux énergies renouvelables », a déclaré Allison Fajans-Turner, responsable de l’engagement auprès des banques et des politiques au Rainforest Action Network, l’un des contributeurs au rapport.L’essor du secteur du GNLMme Fajans-Turner a indiqué que les projets gaziers intermédiaires, comme ceux de gaz naturel liquéfié (GNL), comptent parmi les secteurs de financement des combustibles fossiles qui connaissent la croissance la plus rapide.Les banques canadiennes ont historiquement joué un rôle important dans le soutien à l’expansion du GNL. Entre 2021 et 2023, neuf banques canadiennes, dont RBC, la Banque Scotia et la CIBC, ont investi 16,7 milliards de dollars américains dans des projets de GNL dans le monde. En 2025, RBC s’est classée parmi les 20 principaux bailleurs de fonds mondiaux du GNL.Les projets de GNL se multiplient au Canada, Ottawa en accélérant la construction par l’entremise de son Bureau des grands projets. Sept projets d’exportation de GNL sont actuellement en développement au pays.Seules 5 des 65 banques étudiées dans le rapport ont entièrement exclu le financement de projets de terminaux d’exportation de GNL. Aucune n’est canadienne.« Il existe toujours une énorme lacune réglementaire par laquelle des milliards de dollars provenant des banques affluent chaque année vers certaines des entreprises et des activités les plus expansionnistes au monde dans le secteur des combustibles fossiles », a déclaré Mme Fajans-Turner.La faille réglementaireLes conclusions du rapport surviennent aussi à un moment où de nombreuses entreprises et institutions financières canadiennes reculent par rapport à leurs engagements climatiques antérieurs.En janvier 2025, quatre des plus grandes banques canadiennes se sont retirées de la Net-Zero Banking Alliance, appuyée par l’ONU. La Banque Scotia, pour sa part, a complètement abandonné en avril 2026 sa cible de carboneutralité pour 2050.Faute d’action réglementaire, les banques ont peu d’avantages à donner la priorité à leurs engagements climatiques ou à se désinvestir des combustibles fossiles.« Nous avons trop attendu pour nous en remettre aux engagements volontaires ou aux gestes volontaires de ces banques afin qu’elles orientent leur financement vers des solutions climatiques et qu’elles réorientent ou réduisent progressivement leur financement des combustibles fossiles », a déclaré Richard Brooks, directeur des finances climatiques chez Stand. earth.M. Brooks a affirmé qu’une loi comme la Climate Aligned Finance Act — un projet de loi présenté en 2022 par la sénatrice Rosa Galvez afin d’aligner les systèmes financiers du Canada sur ses engagements climatiques — ou un resserrement de la réglementation bancaire fédérale pourrait largement contribuer à garantir que les banques respectent leurs engagements.Il a aussi exhorté les Canadiens à agir, soulignant que les banques craignent de perdre des clients en raison des défis climatiques. « Les Canadiens doivent se mobiliser en utilisant les relations qu’ils entretiennent avec les banques. Ces relations sont vraiment puissantes. »











