PolyDefine, Juturna Bio et SwissIonics reçoivent chacun Ignition Grant afin d'affronter certains des défis les plus pressants de la médecine moderne. PolyDefine développe des systèmes d’administration plus sûrs et précisément conçus pour les thérapies à base d’ARN, tandis que SwissIonics met au point des outils analytiques avancés pour mieux comprendre et contrôler les molécules d’ARN. En complément, Juturna Bio ouvre une nouvelle voie avec une approche de thérapie génique visant à restaurer la mémoire chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer. Ces projets illustrent des avancées de pointe en biotechnologie et en neurosciences, avec le potentiel de transformer le traitement de maladies complexes.PolyDefineLes thérapies à base d’ARN figurent parmi les domaines les plus prometteurs du développement de médicaments. Bien que la recherche sur cette nouvelle classe de traitements ait débuté dans les années 1990, elle a véritablement émergé lors de la pandémie de COVID-19. Forts de cette avancée, les chercheurs-euses souhaitent désormais appliquer cette approche à un éventail beaucoup plus large de maladies, allant des cancers aux maladies génétiques. Cependant, l’ARN est une molécule fragile qui est rapidement détruite lorsqu’elle est injectée dans l’organisme. Pour surmonter cet obstacle, elle est encapsulée dans de minuscules nanoparticules lipidiques qui la transportent de manière sûre à travers la circulation sanguine jusqu’aux cellules et tissus ciblés. Ces particules sont recouvertes d’un revêtement qui les protège d’une élimination trop rapide par le système immunitaire. Le revêtement standard, un polymère appelé polyéthylène glycol (PEG), peut provoquer des réactions immunitaires chez certains-aines patients-es et n’est pas adapté aux traitements de longue durée ou chroniques. Les alternatives existantes au PEG manquent de cohérence chimique, ce qui ralentit la recherche et complique l’approbation réglementaire.L’équipe PolyDefine, issue du groupe de biomatériaux fonctionnalisés de la professeure Sandrine Gerber à l’EPFL, développe une plateforme permettant de créer des alternatives au PEG conçues avec une précision inédite. Leur technologie permet d’ajuster finement les paramètres des molécules de revêtement, en produisant des conjugués polymère-lipide dont chaque molécule possède une composition chimique unique et parfaitement définie, avec un niveau de contrôle que les alternatives actuelles ne permettent pas d’atteindre. Cette homogénéité devrait accélérer la découverte, le développement et l’administration de nouveaux médicaments.Grâce à l’Ignition Grant, l’équipe va valider l’efficacité de son matériau en combinaison avec l’ARN, afin de générer les preuves nécessaires à l’établissement de partenariats pour le développement pharmaceutique.Équipe : Alireza KavandL'équie de PolyDefine - à gauche Alireza Kavand, à droite Prof Sandrine Gerber © 2026 EPFLSwissIonicsSwissIonics, une start-up issue de l’EPFL, hébergée conjointement au sein du laboratoire de biologie à l’échelle nanométrique de la professeure Aleksandra Radenovic et du laboratoire d’instrumentation bio- et nano de la professeure Georg Fantner, a reçu un Ignition Grant de 30 000 CHF du Startup Launchpad de l’EPFL.Les thérapies à base d’ARN transforment la médecine moderne, ouvrant la voie à de nouveaux traitements contre le cancer, les maladies génétiques et bien d’autres pathologies. Le marché mondial de ces thérapies devrait dépasser les 40 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie. Cependant, leur développement et leur production restent freinés par un défi analytique majeur : il n’est pas encore possible de mesurer directement et de manière fiable la séquence et la structure de l’ARN à l’échelle de la molécule unique.Or, pour fonctionner correctement, les molécules d’ARN doivent présenter non seulement la bonne séquence, mais aussi la bonne structure tridimensionnelle. Les technologies actuelles offrent soit des informations structurelles limitées, soit une précision de séquençage insuffisante, ce qui complique la détection des défauts, des erreurs de séquence ou des variations entre lots. Ces limitations peuvent entraîner des échecs de production, des difficultés réglementaires, des pertes financières importantes et des retards dans le développement des médicaments.SwissIonics développe une plateforme analytique de nouvelle génération combinant le séquençage direct de l’ARN et l’analyse de sa structure en une seule mesure. En permettant le scan contrôlé de molécules d’ARN individuelles, cette technologie offre une compréhension sans précédent de leur séquence et de leur structure dans des conditions physiologiques.L’Ignition Grant financera la validation de la technologie, le développement de preuves de concept et le dialogue avec des partenaires pharmaceutiques afin de mieux répondre aux besoins industriels en matière de développement et de contrôle qualité des médicaments à base d’ARN.Équipe : Simon MayerJuturna BioLa maladie d’Alzheimer touche deux tiers des personnes atteintes de démence dans le monde. À ce jour, il n’existe pas de traitement efficace. Avec le vieillissement des populations, le nombre de patients devrait tripler d’ici 2050. Les coûts (humains comme financiers) sont considérables. En Suisse, les maladies neurodégénératives liées à l’âge représentent environ 10 milliards de francs par an. L’un des aspects les plus éprouvants et déshumanisants de la maladie est la perte de mémoire. L’idée dominante a longtemps été que ces souvenirs étaient irrémédiablement perdus. Pourtant, les approches actuelles se concentrent principalement sur le ralentissement de la progression de la maladie, sans s’attaquer aux mécanismes cellulaires sous-jacents.L’équipe de Juturna Bio, issue du laboratoire de neuroépigénétique du professeur Johannes Gräff à l’EPFL, a développé une thérapie génique qui remet en question cette hypothèse. Ses travaux suggèrent que les souvenirs ne disparaissent pas, mais restent « verrouillés », car les neurones impliqués dans leur rappel ont vieilli et se sont détériorés. Leur thérapie consiste à introduire trois facteurs biologiques spécifiques dans les neurones responsables de la mémoire, afin de les amener à se comporter comme des cellules jeunes et saines permettant ainsi de récupérer ces souvenirs "perdus".Grâce à l’Ignition Grant, l’équipe testera si cette thérapie peut être administrée par une simple injection plutôt que par une chirurgie cérébrale, une avancée majeure vers une application clinique.Équipe : Davide Martino CodaL'équipe de Juturna Bio, à gauche Gabriel Berdugo-Vega - à droite Davide Martino Coda © 2026 EPFL
Trois Ignition Grants au service de l'innovation médicale
PolyDefine, Juturna Bio et SwissIonics reçoivent chacun Ignition Grant afin d'affronter certains des défis les plus pressants de la médecine moderne. PolyDefine développe des systèmes d’administration plus sûrs et précisément conçus pour les thérapies à base d’ARN, tandis que SwissIonics met au point des outils analytiques avancés pour mieux comprendre et contrôler les molécules d’ARN. En complément, Juturna Bio ouvre une nouvelle voie avec une approche de thérapie génique visant à restaurer la mémoire chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer. Ces projets illustrent des avancées de pointe en biotechnologie et en neurosciences, avec le potentiel de transformer le traitement de maladies complexes.













