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ReportageAlors que la République islamique d’Iran traverse une inflation inédite depuis quatre-vingts ans, des milliers d’habitants des zones frontalières multiplient les allers-retours quotidiens vers la Turquie pour revendre du thé, des cigarettes et de l’huile de cuisson.
En ce milieu du mois de juin, la chaleur n’est pas encore accablante à Kapiköy, poste-frontière entre la Turquie et l’Iran. A l’ombre d’un café de fortune installé à quelques mètres des guichets douaniers, Somayeh (un pseudonyme, à sa demande, par peur de représailles, comme pour les autres Iraniens cités) s’accorde une pause. Les yeux soulignés de khôl, un foulard posé sur ses cheveux lâchés, cette Iranienne de 30 ans, mère de deux enfants et récemment divorcée, s’est lancée depuis une semaine dans un commerce de survie, toléré par les deux gouvernements, iranien et turc. Alors que les bombardements israélo-américains se sont tus après environ cent jours de conflit, ce poste-frontière témoigne de la situation économique très fragilisée de l’Iran, minée par une inflation galopante et des pertes d’emplois massives.
Chaque jour, à l’aube, Somayeh quitte Khoy, sa ville natale, située dans le nord-ouest de l’Iran. Avec d’autres habitants engagés dans la même activité, elle partage un taxi jusqu’au poste-frontière de Razi. Entre la route, les contrôles et les formalités administratives, le trajet jusqu’à la Turquie dure plus de deux heures.







