Le site sera désormais régi par une seule entité, pour “une meilleure gestion au quotidien”, a précisé Matignon. Les syndicats craignent que le CMN perde des recettes dont il dépend pour financer d’autres monuments, et appellent à la grève ce jeudi. Le Mont-Saint-Michel est le site touristique le plus visité du pays hors Île-de-France, avec trois millions de visiteurs par an. Photo Amazing Aerial Agency/Abaca Par Télérama, avec AFP Publié le 18 juin 2026 à 11h14 Mis à jour le 18 juin 2026 à 11h16 Sébastien Lecornu a tranché. Non pas l’appartenance bretonne ou normande du Mont-Saint-Michel, mais sa gestion : Matignon a annoncé mercredi une réforme de la gouvernance de l’abbaye, évinçant le Centre des monuments nationaux (CMN) qui gérait jusqu’à présent le Mont-Saint-Michel, une décision contraire à « l’intérêt général », selon les syndicats. Comme le souhaitaient des élus normands, notamment le président de la région, Hervé Morin, l’ensemble du site sera désormais géré par une seule entité, l’Établissement public national du Mont-Saint-Michel (EPMSM). Cette décision met fin à plusieurs années de gestion bicéphale entre le CMN et l’EPMSM, qui était lui chargé des abords du site touristique le plus visité du pays hors Île-de-France, avec trois millions de visiteurs par an. Elle vise à « permettre une meilleure gestion au quotidien », selon Matignon. À lire aussi : Au Mont-Saint-Michel, la cogestion ne fait plus Merveille En 2025, la Cour des comptes avait épinglé la gestion bicéphale du site. Dans un rapport, elle avait estimé qu’elle nuisait « à la construction d’une politique touristique et culturelle d’ensemble ainsi qu’à l’amélioration des recettes ». Selon la Cour des comptes, cette gouvernance bloque « la nécessaire réduction des coûts alors que des doublons existent sur les missions de rayonnement ». “Honteux et irresponsable” Les syndicats craignent eux de voir le CMN perdre les recettes tirées des entrées de l’abbaye du Mont-Saint-Michel et des financements publics liés à l’entretien du site, dont il dépend pour financer d’autres monuments. « Sur la base des recommandations de la Cour des comptes, une réforme sera engagée, afin d’aller vers une gestion unifiée du Mont Saint-Michel, tout en préservant l’équilibre financier du Centre des monuments nationaux », a promis le Premier ministre, Sébastien Lecornu, dans un message publié sur la plateforme X. Mais les syndicats dénoncent un choix « honteux et irresponsable » et craignent que les compensations financières ne soient pas à la hauteur. Ils appellent les agents du CMN à la grève jeudi, avec un rassemblement prévu devant le siège de l’établissement public à Paris. « Cette décision rompt avec une conception nationale du patrimoine et constitue une véritable mise à mort du Centre des monuments nationaux. Elle porte le coup de grâce à l’ensemble de son réseau », ont averti la CGT, la CFDT et Sud Solidaires dans un communiqué commun. « On dépèce le CMN de l’un de ses monuments contributeurs au système de péréquation solidaire qui permet l’ouverture d’une centaine de monuments sur tout le territoire », a expliqué à l’AFP Jean-Élie Strappini, cosecrétaire général du syndicat CGT du CMN. Actuellement, le Centre des monuments nationaux tire « 6 à 7 millions d’euros de bénéfices de l’exploitation de l’abbaye du Mont-Saint-Michel », explique-t-il. Il s’agit, selon lui, du deuxième contributeur du pot commun entre monuments, derrière l’Arc de Triomphe. À lire aussi : Loin du grand chantier du Louvre, le projet à taille humaine du Centre des monuments nationaux Arts Société Patrimoine Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus Pour soutenir le travail de toute une rédaction, abonnez-vous Pourquoi voyez-vous ce message ? Vous avez choisi de ne pas accepter le dépôt de "cookies" sur votre navigateur, qui permettent notamment d'afficher de la publicité personnalisée. Nous respectons votre choix, et nous y veillerons. Chaque jour, la rédaction et l'ensemble des métiers de Télérama se mobilisent pour vous proposer sur notre site une offre critique complète, un suivi de l'actualité culturelle, des enquêtes, des entretiens, des reportages, des vidéos, des services, des évènements... Qualité, fiabilité et indépendance en sont les maîtres mots. Pour ce faire, le soutien et la fidélité de nos abonnés est essentiel. Nous vous invitons à rejoindre à votre tour cette communauté en vous abonnant à Télérama. Merci, et à bientôt. S’abonner