Selon les termes du texte rendu public par les autorités américaines, Téhéran s'engage à diluer ses stocks d'uranium hautement enrichi, tandis que Washington devra faciliter la mise en place d'un fonds de 300 milliards de dollars pour la reconstruction et le développement de l'Iran, en cas d'accord définitif.

Ce qu'il faut savoir

"Je viens de le signer". Au moment de quitter Versailles (Yvelines), où le président américain était l'invité d'Emmanuel Macron, Donald Trump a confirmé, mercredi 18 juin, avoir apposé sa signature sur le protocole d'accord visant à mettre un terme à la guerre au Moyen-Orient. Le texte "a été finalisé par la signature des présidents", a déclaré de son côté le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien, Esmaïl Baghaï, confirmant la signature du chef de l'Etat, Massoud Pezeshkian. De son côté, le négociateur pakistanais a assuré, dans un message publié sur X, que ce protocole d'accord "entrera en vigueur avec effet immédiat". "Dans un premier temps, la République islamique d'Iran rouvrira sans délai le détroit d'Ormuz et les Etats-Unis d'Amérique lèveront immédiatement le blocus naval", a écrit le Premier ministre pakistanais, Shebaz Sharif, sur X. Suivez notre direct. • Le texte du protocole d'accord publié. Selon les termes du texte rendu public par les autorités américaines, Téhéran s'engage notamment à diluer ses stocks d'uranium hautement enrichi, sous la supervision de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), et cela dans le cadre de négociations de deux mois suivant la signature du protocole. De son côté", Washington s'engage à faciliter la mise en place d'un fonds de 300 milliards de dollars pour la reconstruction et le développement de l'Iran en cas d'accord définitif. L'Iran serait également autorisé à reprendre ses ventes de pétrole dès la signature du protocole, et toutes les sanctions seraient levées en cas d'accord définitif à l'issue des négociations ultérieures.• Téhéran et Washington maintiennent la pression. Selon le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, ce document en 14 points, comprenant notamment le front libanais, "acte l'échec des Etats-Unis", a-t-il déclaré à la télévision d'Etat. Si les Iraniens "ne se comportent pas bien, nous recommencerons à balancer des bombes en plein dans leurs têtes", a également prévenu Donald Trump depuis le G7 en France.• Des frappes israéliennes au Liban. Des frappes aériennes israéliennes ont ciblé mercredi le sud du Liban, notamment la région de Nabatiyé, en dépit de l'inclusion du pays dans le protocole d'accord prévoyant une cessation des hostilités entre l'Etat hébreu et le Hezbollah libanais, allié de Téhéran. Le chef du Hezbollah pro-iranien, Naïm Qassem, a qualifié l'accord Téhéran-Washington de "grande victoire" de l'Iran, et appelé à en "tirer profit" pour "expulser Israël" du territoire libanais. • L'Iran veut faire payer les navires à Ormuz après les 60 jours de négociations. L'Iran a réitéré son intention de faire payer les navires franchissant le détroit d'Ormuz, après une période de 60 jours sans frais prévue par le protocole d'accord avec les Etats-Unis, le temps de négocier un texte définitif. Le détroit "ne reviendra pas à la situation d'avant-guerre", a déclaré le négociateur en chef Mohammad Bagher Ghalibaf, dans une interview diffusée tard mercredi soir par la télévision d'Etat. "L'Iran a un droit de souveraineté sur Ormuz et, bien sûr, nous percevrons une redevance pour ces services", a-t-il ajouté. Depuis la conclusion du protocole d'accord, dans la nuit de dimanche à lundi, 14 navires transportant des matières premières ont franchi le détroit lundi et mardi, selon les données de la plateforme de suivi maritime Kpler mercredi, un rythme comparable à celui de la semaine précédente.