Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Livres Livres Livres Essais psychologie Essais psychologie Essais psychologie La mémoire est plus que jamais au centre des affaires judiciaires. Spécialiste de psychologie cognitive, Olivier Dodier fait le point dans « La Mémoire au tribunal. Souvenirs, traumas et vérité judiciaire ». Article réservé aux abonnés « La Mémoire au tribunal. Souvenirs, traumas et vérité judiciaire », d’Olivier Dodier, PUF, 292 p., 24 €, numérique 15 €. En 2004, la secrétaire d’Etat chargée de l’aide aux victimes, Nicole Guedj, proposa d’inscrire dans la loi une « présomption de bonne foi » interdisant de douter, jusqu’à preuve du contraire, du témoignage déposé par une victime supposée d’abus. Sur quel fondement ? La notion de traumatisme, qui relie le pôle rigoureux de l’expertise scientifique et celui, plus fragile mais plus impérieux, de la justice, à travers un exercice commun de la mémoire. Maître de conférences en psychologie cognitive à l’université de Nîmes, Olivier Dodier se situe du premier côté, d’où il plaide ardemment, dans La Mémoire au tribunal, pour la création d’un statut particulier d’« expert mémoire ». Car le constat s’impose : en France, experts ou juges manquent d’une formation suffisamment poussée, au point que toutes sortes de biais parasitent leur évaluation des souvenirs recueillis, quand bien même ceux-ci valent comme preuves majeures dans des procès où s’affrontent deux paroles. Or, en la matière, la question n’est pas de savoir si le souvenir d’une victime est vrai ou faux – une preuve matérielle de l’acte dénoncé viendrait-elle à ­apparaître, celle-ci ne dirait rien de la nature même des souvenirs retrouvés. Il vous reste 70.56% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.