Selon des données internes obtenues par La Presse canadienne, les services de police de certaines des plus grandes régions métropolitaines du Québec ont infligé des milliers d’amendes au cours des six dernières années à des citoyens qui auraient proféré des insultes à l’encontre d’agents de police ou d’autres représentants municipaux.Le Service de police de la Ville de Québec est en grande partie à l’origine de ces chiffres, ayant infligé 11 092 amendes entre le 1er avril 2020 et le 31 mars 2026 à des personnes qui auraient enfreint un règlement municipal interdisant les propos irrespectueux à l’égard des agents de police et d’autres fonctionnaires.La Ville de Québec a rendu publics ces chiffres en réponse à une demande officielle d’accès à l’information.Par ailleurs, un porte-parole du Service de police de Laval, indique que ses agents ont infligé 4502 amendes à des personnes ayant enfreint un règlement municipal interdisant les comportements abusifs envers les employés municipaux entre janvier 2021 et avril 2026.La police de Sherbrooke indique avoir infligé 855 amendes en 2025 en vertu d’un règlement municipal interdisant d’insulter et d’entraver le travail des agents de police.Les cinq municipalités de la région de Longueuil, toutes desservies par le Service de police de l’agglomération de Longueuil, disposent d’un règlement similaire interdisant les insultes à l’encontre des agents municipaux, y compris les policiers. La police de Longueuil indique avoir infligé 53 amendes pour cette infraction en 2025 et 49 à ce jour en 2026.Bientôt un règlement similaire à Montréal ?La publication de ces données, qui révèlent un nombre stupéfiant d’amendes pour langage grossier, coïncide avec une série d’affaires très médiatisées concernant des fautes professionnelles graves commises par des policiers au Québec.À Montréal, des enquêteurs ont récemment démantelé une unité de patrouille du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) dans l’arrondissement de Montréal-Nord à la suite d’allégations de racisme et de ce que le SPVM a lui-même qualifié de comportement répréhensible de la part de ses agents.Le conseil municipal de la métropole étudie la possibilité d’adopter leur propre version d’un règlement municipal qui permettrait d’infliger des amendes pour langage grossier.Alors que la Fraternité des policiers et policières de Montréal a fait valoir que ses membres en avaient besoin pour faire face aux abus de la part du public lors d’interactions de routine, les militants des droits civiques affirment que ce n’est pas le moment de conférer de nouveaux pouvoirs à la police.« Les bons policiers n’utiliseront peut-être jamais ce règlement, jamais, déclare Alain Babineau, ancien agent de la GRC. Les mauvais, eux, s’en serviront tout le temps. Ça ne fera qu’empirer les choses. »
Les policiers municipaux ont infligé des milliers d’amendes pour insulte à des agents
Le débat sur l’interdiction des insultes à l’encontre de la police à Montréal a été déclenché en mars.













