Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Politique Politique Politique Collectivités locales Collectivités locales Collectivités locales L’Assemblée nationale examine depuis mardi 16 juin le projet de loi constitutionnelle pour l’autonomie de la Corse. Alors que la décentralisation et l’autonomie continuent de faire débat à l’échelon national, les régionalistes français cherchent à gagner en visibilité. Article réservé aux abonnés C’était le 27 juillet 1981 à l’Assemblée nationale. Aimé Césaire, député martiniquais, prenait la parole sur le projet de loi relatif aux droits et libertés des collectivités : « Que vaut un statut qui ne tiendrait pas compte de[s] particularismes ? (…) Dans le temps même où vous annoncez que vous donnerez un statut spécial à la Corse, et je m’en réjouis, vous oubliez les Antilles. » Le poète de la négritude ne pouvait pas s’en douter à l’époque. Mais quarante-cinq ans après, le débat sur l’autonomie est encore très vif, alors que l’Assemblée nationale est sur le point d’examiner le projet de loi constitutionnelle pour l’autonomie de la Corse. Dans certains territoires de l’Hexagone et d’outre-mer, on observe avec grand intérêt ce qu’il se passe du côté de l’île de Beauté. Les autonomistes y voient une occasion à saisir. « La démocratie territoriale n’existe pas aujourd’hui en France. Tout est fait à Paris, et ce sont les Parisiens qui font la réglementation pour le reste de la France. Nous sommes dans une égalité juridique de façade qui fait perdurer les inégalités réelles », argue Paul Molac, député du Morbihan à l’origine du mouvement Faisons Bretagne, lancé en avril. Appartenant au groupe Libertés, indépendants, outre-mer et territoires, il tient à lever une ambiguïté : « Nous voulons un système d’autonomie, et non d’indépendance. Sur le sujet, c’est la France qui ne fonctionne pas comme les autres pays européens. Cela pose un vrai problème d’efficacité et de coût. » Dans son esprit, cela voudrait dire un Etat qui conserve le régalien, le droit du travail, la diplomatie, et des régions qui gagnent en compétence sur le reste. Il vous reste 66.84% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.