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PortraitLe 9 juillet, objets personnels et prototypes du très secret designer seront mis aux enchères à Paris. Par cette vente, qu’il a voulue et organisée, Martin Margiela, retiré de la mode en 2008, donne accès à son processus créatif. Un geste radical à l’image de son parcours artistique.
Gennevilliers, début juin. Dans un entrepôt géant, à l’écart du bruit de Paris, des dizaines de box de bois brut grimpent jusqu’au plafond. Dans ce dédale, un pan entier de l’histoire de la mode vient d’arriver. Ici, de petits bustes Stockman habillés, encore enrubannés de papier bulle ; là, des poupées Barbie conservées dans du papier de soie ; plus loin, des boîtes en carton remplies de croquis, de prototypes, de lookbooks et de souvenirs personnels. Une blouse tachée. Des bottines Tabi recouvertes de graffitis. Des objets de travail, les fragments d’une pensée.
Ce sont près de 200 pièces réunies qui retracent l’ensemble de la carrière de Martin Margiela, de ses débuts en 1984 à Anvers, en Belgique, à son retrait de la mode, en 2008. Plus surprenant encore, un portant entier, délicatement préservé sous une housse, rassemble des modèles Hermès rares issus de la garde-robe privée de la mère du créateur, à qui il offrait vêtements et accessoires lorsqu’il dirigeait le prêt-à-porter féminin de la maison du faubourg Saint-Honoré, entre 1997 et 2003.









