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Reportage photoLe 16 juin 1976, une manifestation réunissant des milliers d’écoliers dans le township de Soweto était brutalement réprimée. L’événement a marqué un tournant dans la lutte contre l’apartheid. La photographe Thérèse Di Campo est allée à la rencontre de la nouvelle génération pour comprendre ce qui continue, cinquante ans plus tard, de fracturer le pays.
Soweto s’apprête à commémorer les cinquante ans d’un tournant décisif de la lutte contre l’apartheid. Le 16 juin 1976, alors que des milliers d’écoliers manifestaient pour protester contre l’introduction de l’afrikaans comme langue officielle d’enseignement dans les écoles locales, au même titre que l’anglais, la police tire sur la foule. L’Afrique du Sud plonge alors dans une violence inédite depuis l’instauration du régime ségrégationniste, en 1948.
Dans le township, cette mémoire se transmet au quotidien, ravivée par une réalité sociale persistante : dans des quartiers comme Kliptown, la pauvreté et le manque de perspectives continuent de nourrir un sentiment d’abandon. Face au constat des promesses non tenues de l’après-apartheid, une nouvelle génération tente de se faire entendre. A Soweto comme à Khayelitsha, elle grandit dans un pays marqué par un chômage endémique (32,4 % en 2025, selon la Banque mondiale), des inégalités profondes et une grave crise énergétique accentuée par la corruption.












