Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Les Décodeurs Les Décodeurs Les enquêtes des Décodeurs Les enquêtes des Décodeurs Les enquêtes des Décodeurs Les députés, sénateurs ou eurodéputés issus du milieu agricole sont bien plus aidés que la moyenne de la profession, selon une analyse des subventions versées par la PAC sur dix ans effectuée par Les Décodeurs. Leur activisme pour déréguler le secteur pose la question d’un éventuel conflit d’intérêts. Article réservé aux abonnés Chantre de la « ferme France ». Depuis sa proposition de loi controversée déposée fin 2024, Laurent Duplomb, l’agriculteur le plus connu du Sénat, prétend parler au nom d’une profession qui serait de manière univoque avide de dérégulations. Mercredi 17 juin, en commission des affaires économiques, l’éleveur de Haute-Loire doit rendre un avis sur le projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles, dont il est corapporteur. L’attention qu’il suscite ferait presque oublier qu’il n’est pas le seul représentant du milieu agricole parmi les parlementaires français. Dix-huit sénateurs (sur 348), 19 députés (sur 577) et trois eurodéputés (sur 81) sont liés à des exploitations agricoles, directement ou par leur famille proche, selon le décompte des Décodeurs. S’ils se montrent plus discrets que Laurent Duplomb, nombre de ces 40 parlementaires et agriculteurs investissent les débats législatifs relatifs à leur corporation. Mais sont-ils représentatifs de l’hétérogénéité du tissu agricole français ? Et quel modèle prônent-ils dans leur activité parlementaire ? L’analyse de dix années de subventions versées dans le cadre de la politique agricole commune (PAC) européenne – de 2014 à 2019 puis de 2021 à 2024 – montre que la plupart de ces élus se situent parmi les agriculteurs français les plus aidés. Or, « une partie de ces aides, notamment celles du premier pilier, dépend directement du nombre d’hectares ou de têtes de bétail d’une exploitation », rappelle Pauline Lécole, enseignante-chercheuse à l’Institut Agro Montpellier et coanimatrice de la cellule de veille CAPeye. Plusieurs élus et agriculteurs sont ainsi liés aux exploitations les plus grandes du pays. Il vous reste 80.26% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.