À moins d’un nouveau revirement, l’entente de principe conclue entre les États-Unis et l’Iran devrait être signée vendredi. Cet accord-cadre, dont les détails n’ont pas été officiellement dévoilés, permettrait la prolongation du cessez-le-feu et une réouverture du détroit d’Ormuz. Des négociations seront ensuite entamées pour conclure une entente durable sur plusieurs sujets délicats, dont le programme nucléaire iranien. Mais bien des doutes subsistent quant à la conclusion d’un accord pérenne.

Les objectifs de guerre des États-Unis et d’Israël ont-ils été atteints ?

En donnant l’assaut sur l’Iran le 28 février dernier, Israël avait pour objectif de venir à bout de la République islamique et de forcer un changement de régime. Les États-Unis ont aussi épousé cet objectif dans les premiers jours de la guerre, avant de se réaligner sur la fin du programme nucléaire iranien.Pour Hussein Ibish, chercheur principal à l’Institut des États arabes du Golfe, à Washington, Israël et les États-Unis ont tous deux échoué à atteindre leurs objectifs de guerre. « Le changement de régime ne s’est pas produit […] et je ne vois aucune raison pour laquelle l’Iran ferait des concessions [sur ce programme nucléaire]. » Après plusieurs semaines de guerre, « l’Iran ne se sent en aucune façon dissuadé [deterred] », explique-t-il.Houchang Hassan-Yari, expert de l’Iran au Collège militaire royal du Canada, est moins catégorique. « Les objectifs ont été atteints en partie », dit-il. La République islamique est certes toujours en place, mais elle a été grandement affaiblie par l’élimination de ses têtes dirigeantes. Quant à son programme nucléaire, plusieurs sites ont été détruits. « Mais l’uranium est toujours là », rappelle-t-il. L’Iran détiendrait 440 kg d’uranium enrichi à 60 %, et rien n’est prévu dans l’entente-cadre pour que le pays s’en départe.