Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Transition écologique Transition écologique Transition écologique Chronique Dominique Méda Professeure de sociologie à l’Université Paris Dauphine-PSL et présidente de l’Institut Veblen Le Parti communiste français tirait à boulets rouges en 1972 contre un appel à l’écologie responsable. Aujourd’hui, c’est l’extrême droite qui juge punitive toute politique verte, constate Dominique Méda dans sa chronique au « Monde » : elle appelle à mettre en valeur les bénéfices pour tous de la transition écologique. Publié aujourd’hui à 06h00 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Alors que la guerre au Moyen-Orient confirme l’ampleur de nos dépendances et que les événements climatiques alarmants se succèdent, on aurait pu espérer que les responsables politiques, désormais entrés en campagne, mettent la question de la reconversion écologique de nos sociétés au cœur de leurs discours. En effet, il est de plus en plus urgent que nous organisions la sortie des énergies fossiles (60 % de la consommation d’énergie finale française, pour une facture de 60 milliards d’euros), que nous adaptions nos villes et nos campagnes aux manifestations du dérèglement climatique et que nous lancions l’ensemble des chantiers qui nous permettront de continuer à vivre à peu près normalement à mesure que les températures augmenteront. Mais, au lieu de cela, à mesure que la crise s’amplifie, une partie des discours politiques hexagonaux propose, dans la droite ligne des reculs européens récents sur le Green Deal, un détricotage des mesures environnementales. On envisage de revenir sur le principe de précaution en modifiant la Charte de l’environnement, on veut stopper le financement des énergies renouvelables, on promet de simplifier. L’idée, martelée par l’extrême droite, qu’une politique écologique serait intrinsèquement punitive semble avoir gagné la plupart des esprits. Pire, toute proposition un tant soit peu teintée d’écologie est dénoncée comme une insupportable attaque contre les conditions de vie ordinaires. Ce n’est pas la première fois que cela arrive. Le 9 février 1972, à la suite de la lecture des bonnes feuilles du fameux rapport pour le club de Rome, The Limits to Growth, le vice-président de la Commission européenne, Sicco Mansholt [1908-1995], écrivait à son président une lettre ouverte, dans laquelle il proposait un programme complet de bifurcation écologique. En quelques pages, il dessinait les grands traits d’un plan européen visant à produire les biens et services essentiels : il s’agissait de limiter l’usage des ressources naturelles, d’éviter le gaspillage, de mettre en place une certification des produits fabriqués de manière propre et recyclée et d’organiser l’ensemble des politiques – industrielles, économiques, sociales, fiscales – autour de cette préoccupation essentielle : respecter les limites physiques au sein desquelles nous devons organiser la vie de nos sociétés. Il vous reste 61.91% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.