Publié le 13 juin 2026 à 08:50. / Modifié le 13 juin 2026 à 08:53.

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En dilettante

Le sport est de plus en plus un spectacle que des professionnels exercent pour des spectateurs de moins en moins pratiquants. Cette chronique a pour but de réhabiliter la pratique en amateur, laquelle partage un socle commun avec le monde du professionnalisme, dont elle donne d’utiles et sages clés de lecture. Toutes les chroniques

A Genève, tout le monde le connaissait comme «Kola». Un phénomène! Un talent fou, une belle gueule, un charisme incroyable, et un mec adorable par-dessus le marché. Tous ceux qui l’ont connu disent les deux mêmes choses à son propos: «Je n’ai jamais joué avec un gardien aussi fort», et «Lui, il aurait pu aller vraiment loin…»On en connaît tous, des doués qui auraient pu faire carrière, qui avaient le talent mais pas la volonté, ou pas la patience, ou encore qui n’ont pas eu de chance. Mais Kola, c’était autre chose. La classe internationale.A l’entraînement, lui marquer un but dans les oppositions de fin de séance, avec des grandes cages et des espaces réduits, était déjà une performance. Il avait tout: la taille, l’envergure, la technique de mains et de pieds, la détente, un mélange d’audace et d’insouciance et une autorité dans sa surface qui ne se contestait pas. Parfois, pour s’amuser un peu, il décidait de garder son but «sans les mains» et faisait échouer nos tentatives de la cuisse, de la poitrine ou de la tête, en riant. C’était l’époque où le gardien (comme l’ailier gauche) était un peu fou, et lui avait ce truc à part. Feeling, lecture du jeu tout à l’intuition, zéro pression. Sa force était de jouer en équipe de Suisse comme il jouait dans son club de village.