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ReportageDépendante des importations d’hydrocarbures, l’île subit de plein fouet le blocage du détroit d’Ormuz provoqué par la guerre entre les Etats-Unis, Israël et l’Iran. Rationnement du carburant, inflation, tourisme en berne… la fragile reprise amorcée après la crise de 2022 est désormais menacée.

Une immense affiche déployée chaque matin indique les véhicules autorisés, ou non, à se fournir en carburant. Dans cette station-service, située dans le quartier de Colombo 7, comme partout ailleurs au Sri Lanka, les règles de rationnement sont strictement imposées. La petite île, considérée comme la perle de l’océan Indien, dépend à 100 % des importations pour son approvisionnement en hydrocarbures, dont la grande majorité provenait jusqu’ici des Emirats arabes unis et transitait par le détroit d’Ormuz.

L’offensive américano-israélienne en Iran, depuis le 28 février, a entraîné le blocage de facto de ce passage maritime. Et les stocks de pétrole sri-lankais ont commencé à diminuer à grande vitesse, poussant les autorités à imposer, dès le 15 mars, un système de quota, fonctionnant grâce à un code-barres attribué à chaque usager. « Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, nous travaillons nuit et jour pour faire en sorte de sécuriser du brut et du diesel sur les marchés internationaux, où nous sommes en concurrence avec le reste du monde », souligne Mayura Neththikumarage, directeur de Ceylon Petroleum Corporation, la plus grande entreprise pétrolière publique sri-lankaise.