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La situation ubuesque continue. Depuis son arrestation à sa sortie de prison alors qu'il s'apprêtait à rejoindre à Lyon, son lieu de placement sous bracelet électronique et de prise en charge anti-terroriste, Suleiman Mogouchkov vit au CRA (centre de rétention administrative) du Mesnil-Amelot, près de l'aéroport d'Orly en région parisienne. Placé sous OQTF, expulsable vers la Russie malgré ses recours.

Dans une lettre écrite au préfet de Seine-Saint-Denis que RTL a pu consulter, son avocat Me Ambroise Vienet-Legué écrit : "Si Monsieur Mogouchkov refusera de monter à bord d'un avion à destination de la Russie ce n'est ni pas défiance à l'égard de l'autorité publique, ni pour se soustraire à ses obligations. Bien au contraire : c'est parce qu'il entend se conformer à ce que l'autorité judiciaire exige aujourd'hui de lui, à savoir demeurer en France."

Car l'avocat pointe un paradoxe : "On ne peut pas, d'une part, lui reprocher des faits d'une extrême gravité, d'autre part le reconduire dans son pays d'origine depuis lequel il ne pourra pas s'en défendre."

"Un témoin essentiel"Au-delà de l'exercice des droits de la défense élémentaires, assister à son propre procès - Suleiman Mogouchkov est accusé de complicité d'attentatat terroriste - son absence à l'audience priverait aussi les parties civiles, et la société tout entière, d'explications. C'est "un témoin essentiel", selon Me Vienet-Legué, sur les ressorts du passage à l'acte de son grand frère.