Le parquet de Paris a annoncé, vendredi 12 juin, le défèrement d’un Français soupçonné d’administrer un site Internet spécialisé dans la diffusion de deepfakes à caractère sexuel. Aussi appelés « hypertrucages », ces montages numériques, parfois générés par intelligence artificielle (IA), visent à mettre en scène des personnes, la plupart du temps des femmes, dans des situations sexuelles.
« Les investigations ont établi que le site Internet, créé en 2007, proposait plus de 300 000 images et 7 000 vidéos, à raison d’environ 50 nouvelles mises en ligne par jour, au préjudice de 14 000 victimes originaires de tous pays », a expliqué la procureure de la République de Paris, Laure Beccuau, dans un communiqué. Près de 200 000 comptes utilisateurs avaient été créés pour consulter le site CFake, générant près de 4 millions de vues par mois.
L’interpellation du Français est le fruit d’une « étroite coopération » avec les autorités judiciaires américaines, a expliqué le parquet. Le 5 mai, une division du Département de la justice américain avait en effet « adressé une transmission d’informations spontanées au parquet de Paris, attirant l’attention sur ce site, manifestement administré par un Français, et transmettant notamment le serveur saisi aux Etats-Unis ».











