L’Iran a affirmé vendredi que tout accord final avec Washington pour mettre fin à la guerre devrait maintenir son droit à enrichir l’uranium et son contrôle du détroit d’Ormuz, au lendemain de l’annonce par Donald Trump d’une possible signature dès ce week-end.L’agence de presse officielle Irna a posé ces conditions, en rendant compte des grandes lignes d’un projet de compromis en cours de discussion. La diplomatie iranienne a de son côté dit n’avoir « pas encore abouti à une conclusion définitive », sans donner de détails.Le président américain Donald Trump avait évoqué jeudi l’imminence d’un accord-cadre qui devrait assurer une réouverture immédiate du détroit d’Ormuz, tout en affirmant l’impossibilité pour l’Iran de se doter de l’arme nucléaire.« Nous venons de trouver un très bon accord pour mettre fin à la guerre avec l’Iran et, une fois les documents finalisés, ce qui devrait être fait dans les prochains jours, nous aurons probablement une signature, peut-être en Europe », a-t-il déclaré depuis le Bureau ovale.Cette annonce est intervenue alors que les hostilités avaient repris dimanche, après des tirs de missiles iraniens sur Israël en représailles à des frappes israéliennes sur Beyrouth, malmenant davantage encore la trêve en vigueur depuis le 8 avril.Et jeudi, Donald Trump avait juré de frapper « très fort » l’Iran dans la soirée, avant d’annoncer, en « prenant acte » de l’avancée des négociations, l’annulation des « frappes et bombardements prévus ».« Je ne sais pas trop quoi penser » de ces annonces, « je ne sais pas si cela sera bon ou mauvais pour nous », réagit à Téhéran auprès de l’AFP une femme de 29 ans, demandant à rester anonyme. « L’objectif principal de cette guerre était que les États-Unis démantèlent le système, et cela n’a pas été le cas. Alors, à quoi sert un accord ? »Jamais la bombeSelon Irna, le protocole d’accord ne prévoit pas que l’Iran renonce au contrôle sur Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures, qu’il a imposé au début de la guerre, déclenchée le 28 février par une offensive israélo-américaine.Et si le texte renvoie la question nucléaire à des négociations ultérieures de 60 jours, Téhéran entend mettre en avant « en vue de leur inclusion dans un accord final », son « droit à enrichir l’uranium » et la conservation sur son territoire de ses stocks d’uranium hautement enrichi.