Une boîte en carton sous le bras, l’homme presse le pas en sortant d’un bureau de tabac de la porte de Saint-Cloud, à Paris. « J’ai trouvé ! », annonce-t-il fièrement à un ami, en dévoilant ce qui s’apparente à un précieux trésor : 150 pochettes de vignettes Panini. « C’est le 3e vendeur que je fais, on n’en trouve plus, j’achète et la semaine prochaine je revends sur Internet », explique-t-il, non sans une pointe de fierté dans la voix.Alors que la Coupe du monde de football vient de débuter, la petite vignette autocollante de 8,9 cm sur 6,3 cm est l’objet fétiche que l’on s’arrache. Au point d’être devenue une denrée plutôt rare. Sur les réseaux sociaux, c’est parfois même l’affolement. « Chez vous aussi c’est une rupture, interroge une maman. Mon fils de 6 ans est dégoûté. On a à peine commencé l’album et il ne peut rien faire de plus. Il est tellement triste ! »« Les cartes Panini de la Coupe du monde sont arrivées. Depuis, on ne fait plus les courses, on part en expédition dans tous les magasins du secteur : Vous avez des Panini ? Non, rupture de stock », raconte une autre. Les bourses d’échange se multiplient, chacun y va de son conseil ou de son bon plan.Chez Panini, on n’évoque pas de « pénurie », mais plutôt « des soucis d’approvisionnement ». Tous les quatre ans, l’album Coupe du monde connaît un vrai engouement (il permet généralement à l’entreprise de doubler son chiffre d’affaires, estimé à 45 M€ en 2025), mais cette fois le démarrage est tellement puissant que personne ne l’avait tout à fait anticipé. S’ajoute, peut-être, au phénomène, la fin annoncée du partenariat entre la Fifa et la célèbre marque italienne qui éditait l’album Coupe du monde depuis 1970 ! Les collectionneurs rêvent de s’offrir un objet culte… même si le dernier album Panini spécial Coupe du monde sera en fait pour dans 4 ans.À voir aussi« Ne surtout pas acheter les stickers à un tarif supérieur »Chez Panini, on refuse de dévoiler les chiffres des premières ventes, mais on admet que l’engouement est bien réel. Et pas seulement en France ! En Espagne, les ventes de pochettes ont carrément dû être rationnées ! Ce n’est pas le cas en France où, dans les supermarchés, les pochettes sont vendues par paquets de 8 ou de 16 et, dans les bureaux de tabac, à l’unité. Et c’est là, que les principales ruptures de stocks apparaissent, les consommateurs n’hésitant pas à repartir avec la boîte de 100 pochettes (150 euros tout de même !), destinées aux ventes à l’unité. Soit pour un usage personnel, soit pour la revente. Panini prévient ainsi « de ne surtout pas acheter les stickers à un tarif supérieur (1,50 € l’unité) ». D’autant que dès le lundi 15 juin, tous les points de vente, partout en France, devraient être ravitaillés. De quoi mettre fin à une attente qui devenait, pour certains, interminable.Panini a accéléré les cadences de livraison, sachant que chaque jour, ce sont 11 millions de pochettes qui sont produites à l’usine de Modène, en Italie. De quoi largement satisfaire les fans. Mais pas forcément de mettre fin aux spéculations. Car cette année, Panini a innové en glissant dans certaines pochettes des « extra-stickers », des vignettes qui ne sont pas indispensables pour terminer l’album, mais qui s’arrachent… justement parce qu’elles sont rares.Certaines stars de la Coupe du monde, comme Kylian Mbappé, Lionel Messi ou Lamine Yamal se déclinent ainsi dans des stickers de quatre couleurs (mauve, bronze, argent et or), tous plus difficiles à dénicher les uns que les autres. Résultat, le fan tente sa chance en achetant… encore plus de pochettes. Et sur les sites de revente, les prix s’envolent : 150 euros l’extra sticker or de Yamal ou de Ronaldo et jusqu’à 275 euros pour celui de Messi… On n’a donc pas fini d’entendre parler de cet album Panini, déjà culte, durant la Coupe du monde !