Le fabricant de toilettes Toto a vu la valeur de son action bondir de 100 % dans les 12 derniers mois. Cette flambée est due à l’engouement pour l’intelligence artificielle (IA), rapportait le Financial Times au début mai. En effet, en plus de ses populaires bidets, l’entreprise japonaise produit des puces électroniques qui font le bonheur des investisseurs.Au début de l’année, on se demandait s’il y avait une bulle IA sur le marché boursier et si elle risquait d’éclater, le cas échéant. Quand on voit qu’une entreprise surtout connue pour ses toilettes profite de l’intelligence artificielle, on en conclut que la question demeure pertinente. Qu’en est-il six mois plus tard ?Regardons d’abord les titres des sept magnifiques — Alphabet, Amazon, Apple, Meta, Microsoft, Nvidia et Tesla —, les entreprises technologiques ayant les plus grandes valorisations boursières. Pour l’instant, elles tiennent le coup. Quatre d’entre elles ont vu leur action prendre de la valeur depuis le début de l’année, tandis que trois en ont perdu.

Les avancées en matière d’intelligence artificielle commencent à porter leurs fruits, explique Vincent Grégoire, professeur de finance à HEC Montréal. « On le voit, il y a beaucoup de compagnies qui vont intégrer ces systèmes-là [d’IA] dans leur fonctionnement de tous les jours. »La question n’est donc pas de savoir si ces services sont utiles, mais plutôt de voir si les entreprises qui les offrent seront capables d’en profiter, selon M. Grégoire. « Comment tout ça va se traduire en profits ? Est-ce que ça va être assez pour justifier la valeur de ces compagnies-là ? Ça reste à voir. »La frénésie se poursuitLe club des sept est appelé à grandir dans les prochains mois. SpaceX fera son entrée en Bourse vendredi et tant Anthropic qu’OpenAI devraient suivre plus tôt que tard. Ces trois entreprises sont présentement valorisées à 1700 milliards, 965 milliards et 852 milliards de dollars américains, respectivement.Selon Vincent Grégoire, les documents que les entreprises doivent publier en amont des premiers appels publics à l’épargne devraient permettre d’avoir une meilleure idée de leur capacité à monétiser leurs services. « Le gros point d’interrogation qu’on a, c’est sur les données financières d’OpenAI et d’Anthropic. Une fois qu’on va avoir ça, ça va nous permettre de nous faire une tête sur la valeur de l’écosystème ensemble. »Il n’est pas acquis que les entreprises seront profitables au moment de leur entrée en Bourse, bien qu’Anthropic vienne de réaliser un profit pour la première fois, au 2e trimestre de 2026, rapportait récemment le Wall Street Journal. Plusieurs, comme Amazon ou Tesla, ont mis des années avant d’enregistrer des profits, rappelle M. Grégoire.Cela ne veut pas dire pour autant que leurs actions seront malmenées. « Ça dépend de la confiance des investisseurs », note le titulaire de la Chaire de recherche du Canada en finance et technologie.