Publié le 11/06/2026 18:12
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Mariage pour tous, inscription du droit à l'avortement dans la Constitution… Sur les grands sujets de société, le très catholique Bruno Retailleau cultive des positions tranchées. Cet extrait de "Complément d'enquête" rappelle certaines de celles qui ont émaillé son parcours politique, avec désormais l'Elysée en ligne de mire.
Pour l'éditorialiste de CNews Pascal Praud, il "incarne une France sans doute majoritaire, celle des honnêtes gens, comme il dit." Durant une année place Beauvau placée sous le signe de "l'ordre" à rétablir, Bruno Retailleau bénéficie d'une popularité croissante qui lui vaut des éditos dithyrambiques et des unes très favorables dans les médias marqués très à droite. Elle culmine en mai 2025 quand il remporte haut la main la présidence de son parti, les Républicains, avec 74,3% des voix.C'est cette ascension que retrace "Complément d'enquête", depuis sa jeunesse vendéenne et ses premières armes en politique au Puy du Fou (et à cheval, car il y entre en tant que cavalier bénévole) sous la houlette du très conservateur Philippe de Villiers. Puis Bruno Retailleau devient l'homme de l'ombre de François Fillon, le temps d'une campagne électorale cauchemardesque. Sa France, ce catholique fervent et conservateur assumé la rêve penchée très à droite. Ses prises de position contre le voile, "un signe d'apartheid", contre l'immigration qui, comme le disait déjà Jean-Marie Le Pen, ne serait "pas une chance pour la France" ou pour assurer que "le Rassemblement national fait partie de l'arc républicain" le placent, selon ses adversaires politiques, à la frontière de cet arc. Cette figure restée longtemps dans l'ombre rêve désormais d'occuper la première place, à l'Elysée. Son visage est devenu familier des Français il y a deux ans à peine, mais il était déjà en première ligne en 2013, dans les rangs de la virulente opposition au mariage pour tous. "Donner l'autorisation aux couples homosexuels d'adopter des enfants" était selon lui "tout simplement contre nature". "Vous allez toucher au mot 'père' et au mot 'mère', au mot 'papa', au mot 'maman', aux premiers mots du vocabulaire que nous apprenons", admonestait Bruno Retailleau. En 2021, une loi est votée pour interdire les thérapies de conversion, ces pratiques visant "à essayer de modifier soit l'orientation sexuelle, soit l'identité de genre d'une personne", assimilables selon l'ONU à des actes de torture. Elle est largement adoptée, y compris par la droite, majoritaire au Sénat. Bruno Retailleau, lui, fait partie de la poignée de sénateurs (28) qui ont voté contre. En 2024, lorsque le Sénat se prononce pour l'inscription du droit à l'avortement dans la Constitution, là encore, Bruno Retailleau est l'un des rares à voter contre.La sénatrice écologiste Mélanie Vogel pense que "c'est un vrai réactionnaire. A chaque fois qu'on a été confrontés à un débat sur la progression de l'égalité, quelles que soient son identité de genre, son orientation sexuelle, ses origines, ses religions, etc., il lutte contre cela. Donc en miroir, on peut considérer qu'il défend une société traditionnelle, conservatrice, blanche, chrétienne, etc., qui n'a jamais été la France, en vrai".Extrait de "Bruno Retailleau, en croisade pour l'Elysée", à voir dans "Complément d'enquête" le 11 juin 2026.> Les replays des magazines d'info de France Télévisions sont disponibles sur le site de Franceinfo, rubrique "Les émissions".








