Le premier ministre français, Sébastien Lecornu, quitte le palais de l’Elysée, à Paris, le 10 juin 2026. LUDOVIC MARIN / AFP

Désireux de « protéger le débat démocratique », Sébastien Lecornu expose jeudi 11 juin aux partis politiques et à la presse les moyens pour mieux lutter contre les ingérences étrangères aux élections, qui pourraient s’intensifier à l’approche de la présidentielle. « Pas un seul pays en Europe n’échappe » aux ingérences électorales depuis 2024, souligne l’eurodéputée Horizons Nathalie Loiseau, spécialiste de ces questions au Parlement européen.

L’initiative du premier ministre vise à faire la transparence sur les ingérences passées, comme celle qui a visé, en provenance d’une entreprise israélienne, des candidats de la France insoumise (LFI) aux municipales, et à « identifier les risques » pour 2027 avec la présidentielle et potentiellement des législatives. Le chef du gouvernement est également attendu sur les outils prévus dans un projet de loi annoncé en avril par Emmanuel Macron. Ces mesures ont été présentées pour avis au Conseil d’Etat, selon une source proche du dossier.

Le président de la République, lui-même victime d’ingérence dans sa campagne en 2017 avec la cyberattaque « Macron leaks », a notamment ciblé la Russie, qui « achète massivement en période électorale des millions de faux comptes » sur les réseaux sociaux. Sur les municipales, un rapport de Viginum, le service de lutte contre les manipulations en ligne, devrait être rendu public, ainsi qu’un autre rapport détaillant techniquement les ingérences ayant visé LFI.