Le Sénégal traverse une période de tensions marquées par une rivalité entre le président de la République Bassirou Diomaye Faye et son ex-Premier ministre Ousmane Sonko. Cette rivalité entre les deux principales figures du parti au pouvoir a été à l'origine du limogeage du Premier ministre Sonko, élu aussitôt président de l'Assemblée nationale où son parti dispose d'une écrasante majorité (130 députés sur 165).
La crise actuelle constitue un test majeur pour le pouvoir sénégalais. Ses répercussions pourraient dépasser le seul cadre politique. La gestion des prochains mois sera décisive. Dialogue, transparence et apaisement apparaissent comme des enjeux centraux. Quelles réponses les autorités doivent-elles apporter pour préserver la stabilité du pays ? Le politologue Joan Ricart-Huguet et le constitutionaliste Alioune Wagane Ngom proposent des pistes.
Quelles pourraient être les conséquences politiques du limogeage d'Ousmane Sonko sur la stabilité du Sénégal à court et moyen terme ?
C’est vraiment difficile à dire parce qu’il s’agit d’une situation inédite. Il est normal que les présidents limogent leurs Premiers ministres, parfois. Rappelons que Abdoulaye Wade a nommé et limogé quatre Premiers ministres en quatre ans (2000-2004) dans un contexte d'espoir démocratique. La différence avec la situation actuelle c’est qu'il y avait ces derniers mois ce qu’on appelle une « dyarchie inversée » au sommet de l’Etat : le numéro 2 du parti Les Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l'éthique et la fraternité (Pastef) est devenu président et le numéro un, Premier ministre. La raison, rappelons-le aussi, c’est que Ousmane Sonko a dû céder sa place de candidat à la présidence à Bassirou Diomaye Faye en raison de sa condamnation sur la base d’accusations controversées.








