Mehdi Charef avait connu le succès avec son long métrage “Le Thé au harem d’Archimède” (1985) — adapté de son roman du même nom —, précurseur de nombreux films “de banlieue” dans la décennie 90 en France. Mehdi Charef en octobre 1989, à Paris. Il est décédé à l’âge de 73 ans. Photo Jacques Prayer/Gamma-Rapho via Getty Images Par Samuel Douhaire avec AFP Publié le 11 juin 2026 à 11h33 Mis à jour le 11 juin 2026 à 11h49 L‘écrivain et cinéaste Mehdi Charef, connu notamment pour son film Le Thé au harem d’Archimède, est décédé dans la nuit du mardi 9 au mercredi 10 juin à 73 ans, ont annoncé sa famille et son éditeur, Hors d’atteinte, à l’AFP. « Nous garderons de lui son immense générosité, sa douceur, sa poésie, son espièglerie et son inépuisable intérêt pour les êtres humains, envers et contre leurs fragilités et leurs contradictions », ont-ils déclaré. Né en Algérie le 24 octobre 1952, venu en France à 10 ans peu après la fin de la guerre d’indépendance pour y rejoindre son père, affûteur dans une usine de 18 à 31 ans, Mehdi Charef avait découvert le cinéma à 9 ans, en voyant un western en noir et blanc. « Et depuis, racontait-il à Télérama en 1987, je me suis toujours promené avec une caméra, dans mon cartable quand j’allais à l‘école, et dans ma musette quand j‘allais à l’usine. » Mehdi Charef avait publié son premier roman, Le Thé au harem d’Archi Ahmed, en 1983, avant de l’adapter au cinéma sous le titre Le Thé au harem d’Archimède. Ce long métrage, qui chronique la vie d’une cité HLM de la banlieue parisienne dans les années 1980 à travers le parcours de deux jeunes, a obtenu le prix Jean-Vigo en 1985 et le César de la meilleure première œuvre en 1986. Mettre au premier plan les êtres “singuliers” Précurseur de toute une génération de films « de banlieue » comme Hexagone ou La Haine, Le Thé au harem a beaucoup marqué nombre d’acteurs et cinéastes français d’origine maghrébine, comme le réalisateur Rabah Ameur-Zaïmeche — « On y retrouve la décomposition sociale, la maman qui est au chômage et qui laisse son fils à une famille de “rebeu”, le rapport de force entre les flics et la racaille… », expliquait ce dernier à Télérama en 2002. Parmi les autres romans de Mehdi Charef figurent Le Harki de Meriem (1989) ou Rue des Pâquerettes en 2019, qui a reçu le prix littéraire de la Porte dorée. Le cinéaste-écrivain a réalisé par ailleurs dix longs métrages dont il a écrit le scénario, comme Miss Mona, en 1986, avec Jean Carmet en travesti vieillissant, Au pays des Juliets, sur trois détenues en permission, en 1991, ou Marie-Line avec Muriel Robin en 1999. Des films dans lesquels Mehdi Charef mettait au premier plan les exclus, les marginaux ou, comme il préférait les qualifier, les êtres « singuliers ». Cinéma Livres banlieue Disparition Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus
Mort de l’écrivain et réalisateur Mehdi Charef
Mehdi Charef avait connu le succès avec son long métrage “Le Thé au harem d’Archimède” (1985) — adapté de son roman du même nom —, précurseur de nombreux films “de banlieue” dans la décennie 90 en France.








