« Ras-le-bol. » C’est le sentiment qui remonte et domine le plus, certes sans commune mesure avec la peine incommensurable de cette famille mixte endeuillée, de cette fratrie qui a perdu son troisième né, agressé violemment à Metz (Moselle), le samedi 30 mai.Âgé d’à peine 19 ans, Noahm est décédé le mardi suivant après être resté plusieurs jours en état de mort cérébrale. Mais depuis l’annonce de la tragique nouvelle, sur les réseaux sociaux, dans certains médias ou encore à l’Assemblée nationale, Noahm est devenu un symbole pour certains. Un symbole malgré lui. Sa mort est comparée à d’autres pas moins violentes, mais sans rapport aucun, comme à celle de Quentin Deranque à Lyon, et ça, c’est quelque chose que la famille ne comprend pas.« Mes clients ne supportent plus la récupération politique ou idéologique qui est faite autour de la mort de leur fils », explique leur avocate Me Sophie Friha, qui a été autorisée à communiquer en leur nom.« Les parents sont apolitiques, ils n’ont rien demandé »La présidente de SOS Homophobie qui publie une tribune dans Libération avec la photo de Noahm ou Jean-Luc Mélenchon qui dénonce une agression homophobe sur son compte X ? « Il était de notoriété que Noahm était homosexuel et pour les siens ça n’a jamais posé le moindre problème, commence l’avocate. Toutefois, à ce stade de l’enquête, ce n’est pas une piste retenue, ni fermée. Mais en parler maintenant, interférer et vouloir imposer un mobile alors qu’on n’en a pas la certitude, non. Il faut laisser la justice faire son travail. »À voir aussiExact. Le caractère homophobe n’a pas encore été retenu par le parquet de Metz qui pilote l’enquête. La France Insoumise (LFI) qui demande une minute de silence à l’Assemblée par le truchement de la députée Charlotte Leduc ? « Les parents sont apolitiques, ils n’ont rien demandé. Si une minute de silence permettait une prise de conscience sociétale, à ce qu’on n’arrive plus à ce genre de situation, à limiter les accès de violence de la part des jeunes et qu’on les éduque, oui. Mais la rabattre sur un parti politique, non. On ne veut pas que Noahm soit instrumentalisé par un parti ou un autre. Ça va servir un temps et après quoi ? »« Ce n’est pas le premier jeune qui meurt pour rien »Me Friha, comme la famille qu’elle représente, déplore également le manque de moyens humains mis en place par la ville de Metz pour assurer une sécurité efficace dans cette partie du centre-ville aux abords de la place de la République : « Ce n’est pas le premier jeune qui meurt pour rien, une attitude ou un regard. » L’avocate fait référence au meurtre de Samir Hamraoui, 22 ans, tué pour « un échange de regards » le soir du 14 juillet 2022, rue des Clercs, à quelques mètres de là où Noahm a été tabassé.« On n’est pas dans une forêt ou au fin fond d’un village paumé… on devrait se sentir largement plus en sécurité ! Les patrouilles, c’est bien mais pourquoi n’a-t-on pas les week-ends et soirs de fête une police de proximité pédestre ? » Actuellement, la ville de Metz recense quelque 380 caméras disséminées un peu partout : « Ça sécurise un peu plus mais ça ne dissuade pas. »[2/2] Affaire d’Uruffe : le diable s’habille en soutane ÉcouterDu côté de la famille de Noahm, sa mère aimerait monter une association en souvenir de son fils, ce garçon très sensible, qui avait la violence en horreur. « Noahm c’était le médiateur, un conciliateur plus qu’un provocateur », précise Me Sophie Friha. Un jeune homme qui aimait la musique et danser. « Preuve en est, place de la République il était là pour danser. Pas pour perdre la vie. »
Meurtre de Noahm à Metz : « Ses parents ne supportent plus la récupération politique ou idéologique autour de leur fils »
Neuf jours après la violente agression qui a coûté la vie à Noahm, 19 ans, décédé mardi 2 juin au centre-ville de Metz, ses parents ont déci










