Depuis huit mois, le taux directeur de la Banque du Canada n’a pas bougé. Il restera à 2,25 %, a-t-on appris mercredi. Pourtant, à l’approche de votre renouvellement d’hypothèque, vous constaterez que les taux hypothécaires fixes ont augmenté. Comment expliquer ce paradoxe ? Le Devoir décortique le phénomène.

Comment les taux hypothécaires ont-ils évolué dans la dernière année ?Les institutions financières octroient souvent des taux hypothécaires inférieurs aux taux officiels qu’elles affichent. Pour tenir compte de cette réalité, le cabinet de courtage hypothécaire Ratehub.ca a recueilli des données sur les taux hypothécaires réellement offerts pour des termes de cinq ans.Les taux variables octroyés par les prêteurs s’élevaient en moyenne à 3,95 % en juin 2025. Un an plus tard, ils étaient de 3,35 %.Les taux fixes ont suivi la tendance inverse dans la dernière année. Ils sont passés de 3,84 % en juin 2025 à 4,04 % en juin 2026.De quoi faire réfléchir les nouveaux acheteurs, mais aussi le million de ménages qui doivent renouveler leur prêt hypothécaire cette année.

Comment les taux sont-ils fixés ?Tout dépend du type de taux.Les taux hypothécaires variables sont établis en fonction du taux préférentiel des institutions financières. C’est le taux préférentiel qui fluctue en fonction du taux directeur de la Banque du Canada. « La majorité des prêteurs canadiens fixent leur taux préférentiel environ 2,20 % au-dessus du taux directeur », explique Nesto, un prêteur.Les taux variables sont affichés selon un écart avec le taux préférentiel. Par exemple, on pourrait vous proposer un prêt au « taux préférentiel moins 0,8 % », illustre Nesto. Le taux préférentiel peut varier, mais l’écart va demeurer le même sur la durée de votre prêt.Les taux hypothécaires fixes, eux, sont déterminés en fonction des taux obligataires du gouvernement du Canada. Par exemple, un taux hypothécaire fixe sur cinq ans va varier selon le taux des obligations canadiennes sur cinq ans.« Les taux des obligations fluctuent en fonction des marchés financiers qui, eux, sont influencés par les prévisions économiques et inflationnistes à long terme », souligne la Banque Nationale.