On s’attend à ce que la Banque du Canada maintienne ses taux d’intérêt inchangés pour une cinquième fois consécutive.Les analystes, comme les marchés, prévoient que la banque centrale canadienne garde son taux directeur à 2,25 % mercredi matin, soit au niveau où il se trouve depuis le mois d’octobre. Selon LSEG Data&Analytics, cité par la Presse canadienne vendredi, les marchés financiers attribuaient même, à ce scénario, une probabilité de 95 %.L’annonce de la décision est prévue aux alentours de 9h45. Elle doit être suivie d’une conférence de presse plus tard en matinée.Déjà aux prises avec une situation embrouillée, la Banque du Canada avait estimé, à sa dernière réunion de politique monétaire du mois d’avril, que le conflit au Moyen-Orient n’avait pas d’effet réclamant son intervention immédiate, l’économie canadienne apparaissant, en même temps, y profiter et subir de modestes impacts. Au cœur de sa mission, l’inflation, de son côté, restait sous contrôle, l’envolée des cours du pétrole ne se transmettant pas encore aux prix des autres biens et services.
Pas en récessionDepuis, le portrait n’a pas beaucoup évolué, ont observé vendredi les économistes à la Banque Nationale, Taylor Schleich et Ethan Currie. Si la variation sur 12 mois de l’indice des prix à la consommation (IPC) a augmenté (de 1,8 % en février à 2,8 % en avril), elle reste à l’intérieur de sa fourchette cible allant de 1 % à 3 %. Qui plus est, lorsqu’on en exclut l’essence, cette mesure de l’inflation a reculé, depuis le début de l’année, de 3 % à 2 %.Sur le front de l’économie, parions que la Banque du Canada écartera du revers de la main cette histoire de soi-disant « récession technique » seulement parce que le pays vient de connaître, de justesse, deux trimestres consécutifs de croissance négative, a prédit vendredi Andrew Grantham, économiste à la Banque CIBC.Ce repli total du produit intérieur brut (PIB) en six mois de seulement 0,28 %, n’est pas le « déclin prononcé, persistant et généralisé de l’activité économique réelle » qui caractérise une véritable récession, a expliqué, la semaine dernière, le Conseil du cycle économique de l’Institut C.D. Howe, l’autorité reconnue en la matière.Répétez après moi : « illustratif »Le gouverneur Tiff Macklem et les autres membres du Conseil de direction de la banque centrale en profiteront peut-être aussi pour réexpliquer aux marchés financiers la signification des mots « scénario illustratif », a dit l’économiste Royce Mendes du Mouvement Desjardins.Voulant explorer les impacts possibles d’une crise au Moyen-Orient qui s’intensifierait et se prolongerait, ils avaient cru bon d’ajouter à leur véritable scénario de référence un « scénario illustratif » dans lequel les cours du pétrole resteraient supérieurs à 100$ le baril au-delà de 2028.Dans ce cas de figure, la Banque disait qu’elle pourrait alors devoir procéder à deux hausses de ses taux d’intérêt de 0,25 point de pourcentage chacune. Il n’en fallait pas plus, soupire Royce Mendes, pour que les marchés financiers intègrent ce simple exercice de réflexion dans leurs anticipations.











