Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Egalité femmes-hommes Egalité femmes-hommes Egalité femmes-hommes Chronique Pauline Grosjean Professeure d’économie Le mythe du « bon sauvage » selon lequel l’espèce humaine serait naturellement égalitaire est contredit par une étude qui, s’appuyant sur des sociétés traditionnelles, explique qu’il existe toujours des motivations individuelles derrière les actions, rapporte Pauline Grosjean, dans sa chronique au « Monde ». Publié aujourd’hui à 17h00, modifié à 19h09 Temps de Lecture 2 min. Article réservé aux abonnés Il existe une longue tradition en philosophie politique qui consiste à s’inspirer des sociétés de chasseurs-cueilleurs pour déduire des principes généraux sur la nature humaine. En effet, ces sociétés seraient celles qui refléteraient le mieux les conditions de vie humaine pendant le pléistocène, l’ère géologique pendant laquelle se dessinèrent les traits physiques, techniques, et sociaux qui ont mené à l’homme moderne. De fait, les sociétés de chasseurs-cueilleurs sont beaucoup plus égalitaires que les sociétés agricoles et industrielles qui ont pris leur suite. De cette observation, qui fit affirmer plus tard, en 1987, au biologiste et géographe Jared Diamond que « l’agriculture fut la pire erreur de l’histoire de l’humanité », est né le mythe du « bon sauvage ». Selon cette représentation traditionnellement attribuée à Jean-Jacques Rousseau, la nature humaine serait, par essence, moralement bonne et égalitaire. Or, l’article « Egalitarianism Is Not Equality » (« l’égalitarisme n’est pas l’égalité ») des anthropologues Duncan Stibbard-Hawkes et Chris von Rueden, paru dans la revue Behavioral and Brain Sciences en novembre 2025, suggère que les sociétés de chasseurs-cueilleurs ne sont pas aussi égalitaires que l’on croit et, surtout, que cette égalité ne relève pas d’une nature humaine généreuse et altruiste. Bien au contraire, ils ciblent le rôle des motivations et des stratégies individuelles, rationnelles et égoïstes. Il vous reste 64.27% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.