Publié le 10 juin 2026 à 19:40. / Modifié le 10 juin 2026 à 20:08.

Plus de la moitié du commerce mondial de café, deux tiers du cuivre, de l’aluminium et du minerai de fer et 39% du pétrole brut sont pilotés depuis la Suisse sans jamais passer sur son sol.Mais alors, comment la Suisse est-elle devenue la plaque tournante du négoce mondial? Selon une étude scientifique, la «plus complète sur le domaine à ce jour», menée par l’Académie suisse des sciences naturelles (SCNAT) parue ce mercredi 10 juin, la fiscalité y est pour beaucoup, certes, mais les prémices du succès suisse remontent à plusieurs siècles, lorsque des entreprises familiales se sont lancées dans la revente du coton, de la laine, des céréales, du sucre et de l’huile de palme.

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Dès la fin du XVIIe siècle, des Suisses participent aussi au commerce triangulaire, qui préfigure le commerce de transit. Ils s’établissent dans des ports notamment français, avec leurs propres bateaux et leurs propres esclaves.Les maisons commerciales suisses d’envergure mondiale se sont progressivement enrichies en «préfinançant» les cargaisons. Elles accordaient un prêt à un agriculteur (ou à un gouvernement) pour permettre la production. Le crédit était remboursé au moment de la livraison de la marchandise. Ces contrats sont toujours utilisés aujourd’hui. Ils s’appellent désormais Futures ou Forwards et participent largement à la spéculation et à la financiarisation du commerce de matières premières.Ces activités ont pendant longtemps été complètement occultées des statistiques suisses, parce que les douanes ne comptabilisaient que la marchandise physique qui passait par leurs guichets.Pourtant, en 1929, les recettes du négoce international en Suisse étaient si importantes qu’elles égalaient celles des banques (39,7 millions de francs contre 40). Le chiffre d’affaires des 56 entreprises de transit déclarées à l’époque pesait alors (157 millions de fonds propres) plus que le secteur de la soie (123 millions de CA) ou celui de l’horlogerie (117 millions) la même année.