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RencontreViticultrice à Coustouge (Aude), Valérie Segonne a perdu ses vignes et sa maison dans les flammes. Alors que le chantier de son nouveau foyer est en cours, elle raconte la vie d’après.

Des collines grillées, parsemées d’arbres calcinés. Des ferrailles tordues, vestiges d’un brasier hors norme. Et, déjà, dans cet écrin naturel convalescent, une reconstruction en cours. « Ça fait dix mois, jour pour jour », dit d’emblée Valérie Segonne. En août 2025, elle a perdu sa maison et ses vignes, situées à Coustouge, un village de l’Aude dévoré par le méga-incendie de Ribaute. Le plus important sinistre enregistré depuis 1949 sur le pourtour méditerranéen français a parcouru 17 000 hectares du massif des Corbières, tuant une femme et engloutissant 36 habitations.

« Plus rien ne sera comme avant, ni ma vie ni mon village », résume la viticultrice, qui accueille Le Monde sur le chantier de son futur domicile « pour qu’on n’oublie pas ce qui s’est passé », alors même qu’une nouvelle saison des feux s’ouvre, réveillant son cortège d’angoisses. La veille, jeudi 4 juin, un agent de l’Office national des forêts (ONF) a été mis en examen, suspecté d’avoir jeté d’un véhicule de patrouille le mégot à l’origine du sinistre – une mise en cause que lui et ses collègues contestent.