Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Livres Livres Livres Biographies Biographies Biographies Avec « Pessoa. L’œuvre-vie », appelé à faire date, Richard Zenith ouvre une porte dérobée sur l’enigmatique auteur aux dizaines d’hétéronymes, mort à Lisbonne, en 1935. Article réservé aux abonnés « Pessoa. L’œuvre-vie » (Pessoa. A Biography), de Richard Zenith, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Nicolas Richard, Seuil, « Fiction & Cie », 1 280 p., 39,90 €, numérique 28 €. Plusieurs fois, à la manière d’un chasseur tâchant d’acculer sa proie, le texte de Richard Zenith tourne autour de la question des hétéronymes de Fernando Pessoa (1888-1935), sans parvenir à l’isoler tout à fait ni à la résoudre. Car sa biographie de l’écrivain portugais est aussi, naturellement, celle des dizaines d’autres individualités, poètes, romanciers ou essayistes, fabriquées par celui-ci – dont Bernardo Soares, modeste employé lisboète, auteur du célèbre Livre de l’intranquillité (1982 ; éd. Christian Bourgois, 1988). Ici, « je » ne se contente pas d’être un autre, il est une multitude. Et ces presque 1 300 pages passionnantes semblent, en fait, le récit d’un piège constamment tendu mais jamais refermé. Comme une photo avec toujours un tremblé, un grain qui subsiste. Dans un passage consacré à des tentatives poétiques et théâtrales adolescentes de Pessoa, Richard Zenith prévient son lecteur : « Il existe de nombreux niveaux de fiction chez Pessoa mais pas de ligne de démarcation claire entre eux, ou entre la fiction et la réalité. L’ensemble est Fernando Pessoa, en mouvement et en expansion continus, offrant des dizaines de lectures psychologiques possibles, qui ne parviennent jamais à le cerner. » Il vous reste 75.74% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.