Peu connu du grand public, il dirigeait depuis 2018 le Théâtre de la Cité, à Toulouse. Stéphane Gil aura la lourde tâche de redresser les finances de l’institution montpelliéraine, sévèrement épinglée par la chambre régionale des comptes. Stéphane Gil est un fin connaisseur de l’écosystème des arts vivants. Photo Mathilde Maury Par Tiphaine Le Roy Publié le 10 juin 2026 à 16h26 Stéphane Gil vient d’être nommé à la direction de la Cité européenne du théâtre et des arts associés, à Montpellier, par les tutelles de la structure, l’État et la Métropole de Montpellier. Il assurera la direction artistique de l’édition 2027 du Printemps des comédiens, association comprise, avec le Domaine d’O, lieu culturel situé dans le nord de la ville, au sein de cet établissement public de coopération culturelle. Inconnu du grand public, Stéphane Gil possède un solide profil d’administrateur du spectacle vivant. Il était depuis 2018 directeur délégué du Théâtre de la Cité, à Toulouse. Il y accompagnait le metteur en scène Galin Stoev, qui avait expliqué son départ anticipé de la direction du centre dramatique national par l’érosion des subventions publiques versées à l’établissement ces dernières années. Fin connaisseur de l’écosystème des arts vivants, le nouveau directeur de l’établissement montpelliérain a également été directeur adjoint de l’agence culturelle d’Île-de-France Arcadi — aujourd’hui disparue —, de 2011 à 2015. L’hospitalité, son maître-mot Nommé alors que le Printemps des comédiens célèbre jusqu’au 21 juin sa quarantième édition, Stéphane Gil entamera à partir de septembre un mandat de trois ans studieux. Le festival, rattaché à la Cité européenne du théâtre, est actuellement sous le feu des projecteurs pour des raisons moins artistiques qu’économiques. La gestion de son prédécesseur, Jean Varela, dont la Métropole de Montpellier avait annoncé avoir mis fin aux fonctions de direction en 2025 en raison des « incertitudes financières et du manque de transparence de la direction », est étrillée dans un rapport de la chambre régionale des comptes rendu public il y a peu. Parmi les dysfonctionnements soulignés par ce dernier figurent des dépenses jugées « insuffisamment justifiées » et des budgets « peu détaillés » concernant deux créations récentes majeures : Après la répétition / Persona, mise en scène par Ivo van Hove (2023), et Bérénice, de Romeo Castellucci, avec Isabelle Huppert (2024). Le projet artistique annoncé par Stéphane Gil se place sous le signe de l’« hospitalité », un terme revendiqué par nombre d’acteurs culturels dans un contexte d’attaques politiques de plus en plus récurrentes contre le secteur public de la culture. Il aura pour mission de permettre à la Cité européenne du théâtre de rayonner sur son territoire, mais aussi l’accompagnement des artistes. Reste à savoir quelle pourra être sa marge de manœuvre, notamment pour le Printemps des comédiens, deuxième festival de théâtre en France après celui d’Avignon, dont la chambre régionale des comptes rappelle que le budget de l’association est « structurellement déficitaire ». À lire aussi : “Incertitudes financières et manque de transparence de la direction” : Le Printemps des Comédiens dans la tourmente Théâtre Montpellier Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus Pour soutenir le travail de toute une rédaction, abonnez-vous Pourquoi voyez-vous ce message ? Vous avez choisi de ne pas accepter le dépôt de "cookies" sur votre navigateur, qui permettent notamment d'afficher de la publicité personnalisée. Nous respectons votre choix, et nous y veillerons. Chaque jour, la rédaction et l'ensemble des métiers de Télérama se mobilisent pour vous proposer sur notre site une offre critique complète, un suivi de l'actualité culturelle, des enquêtes, des entretiens, des reportages, des vidéos, des services, des évènements... Qualité, fiabilité et indépendance en sont les maîtres mots. Pour ce faire, le soutien et la fidélité de nos abonnés est essentiel. Nous vous invitons à rejoindre à votre tour cette communauté en vous abonnant à Télérama. Merci, et à bientôt. S’abonner