La comédienne retrouve Quentin Dupieux avec “Le Vertige”, film d’animation aux allures de jeu vidéo, après son rôle dans “La Vénus électrique”, de Pierre Salvadori. Rencontre. Anaïs Demoustier à Cannes le 12 mai 2026. Photo Fanny de Gouville pour Télérama Par Marie Sauvion Publié le 10 juin 2026 à 11h30 Elle étincelle dans les registres comiques comme dramatiques. À l’affiche de La Vénus électrique de Pierre Salvadori, qui a ouvert le 79ᵉ Festival de Cannes, Anaïs Demoustier affiche un tout autre visage dans Le Vertige de Quentin Dupieux, son premier film d’animation, en salles ce mercredi. Leur cinquième collaboration, signe d’une grande foi en l’œuvre du cinéaste de l’absurde, d’après les mots de l’actrice. Se transformer en pixels « Comment résumer Le Vertige ? Les personnages Alain Chabat et Jonathan Cohen découvrent que le monde serait en fait une simulation et moi je vis un accouchement… ultra soudain, et voilà, c’est la nouvelle folie de Quentin Dupieux. Il voulait animer des personnages à la manière des vieux jeux de PlayStation ou des Sims, auxquels j’ai beaucoup joué, ado, sur mon ordinateur. Ça m’a bien fait rire de me voir en Sims, même si je trouve que c’est une catastrophe pas du tout ressemblante ! Au départ, on avait juste un scénario archi classique de Quentin, ultra précis, avec ces fameux dialogues “parlés” écrits jusque dans les hésitations. On s’est retrouvés en studio pour enregistrer les voix et on s’est lancés sans répétitions. Quand ils ont découvert le film, à Cannes, Alain et Jonathan ont d’ailleurs dit à Quentin qu’ils auraient aimé refaire certaines choses mais, justement, c’est cette imperfection qu’il aime. » Pour « Le Vertige », Anaïs Demoustier s’est muée en Sims. Chi-Fou-Mi Productions Son réalisateur fétiche ? « Ce qui me plaît le plus, en tant qu’actrice, c’est de participer à une œuvre. J’ai commencé chez Michael Haneke [Le Temps du loup, 2003, ndlr], ça crée une forme d’exigence et, en mûrissant, je vois que j’ai besoin d’admirer les gens avec qui je travaille. Pouvoir accompagner Quentin, c’est un plaisir fou, je me sens honorée. J’aime sa liberté, sa pratique atypique, ses choix de tourner en équipe très réduite, parfois très vite mais pas toujours, sa façon de toucher à tout, la caméra, la musique, le montage… Il cherche un endroit d’inconfort, il essaie des trucs tous azimuts, et ça me réjouit. En ce moment, je réfléchis beaucoup au cinéma, à sa survie face à toutes les nouvelles formes d’images, et Quentin fait partie des auteurs qui me rassurent, parce qu’il est complètement dans son époque tout en ayant une colonne vertébrale très solide, un amour pour son art et pour les acteurs. » Salvadori, Dupieux, et le goût du jeu « Pierre Salvadori et Quentin Dupieux ont en commun de savoir que les dialogues, le tempo de l’écriture vont déterminer le travail des interprètes. La lecture de leurs scénarios me procure la même délectation, il y a une langue, une musicalité propres, une mélodie à épouser. Après, évidemment, ça n’a rien à voir : pour Le Vertige, j’ai passé une journée en studio, avec une partition très naturaliste, quand La Vénus électrique m’a transportée dans une autre époque, avec un personnage au vécu assez tragique. C’est drôle parce que j’ai abordé le film de Pierre de façon assez légère, en remplaçant une actrice au pied levé, donc un peu dans la précipitation… Après une période de retrait où j’attendais de retrouver le désir de tourner, La Vénus électrique m’a rendu le goût du jeu. » Anaïs Demoustier en quelques dates2018 : Le délirant Au poste ! marque la première de ses cinq collaborations (à ce jour) avec Dupieux.2020 : César de la meilleure actrice pour Alice et le maire, de Nicolas Pariser, où elle interprète une jeune philosophe alimentant un édile en idées.2021 : Dans l’enthousiasmant Les Amours d’Anaïs, de Charline Bougeois-Tacquet, son désir la guide jusqu’à Valeria Bruni Tedeschi.2023 : Katell Quillévéré la choisit pour incarner l’héroïne de son beau mélo Le Temps d’aimer, au côté de Vincent Lacoste. À lire aussi : Que voir au cinéma cette semaine ? Notre sélection critique du mercredi 10 juin Cinéma Cinéma français Anaïs Demoustier Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus