Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Entreprises Entreprises Entreprises Chronique Stéphane Lauer Editorialiste au « Monde » Elon Musk fait reposer la valorisation boursière de sa société aéronautique, dont l’introduction sur le Nasdaq est prévue vendredi, sur la domination de technologies et de marchés qui n’existent pas encore. Mais, dans le domaine spatial, la frontière entre l’exploit et la catastrophe est ténue, rappelle, dans sa chronique, Stéphane Lauer, éditorialiste au « Monde ». Publié aujourd’hui à 17h30 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Compte à rebours pour SpaceX. Vendredi 12 juin, la société fondée par Elon Musk ne s’élance pas dans l’espace, mais sur les marchés financiers. Elle se présente sur le pas de tir lestée, outre de son activité de lanceurs réutilisables, de xAI, sa start-up spécialisée dans l’intelligence artificielle (IA), et de la constellation de satellites Starlink. Cet attelage vise à lever 75 milliards de dollars (plus de 65 milliards d’euros) pour une valorisation stratosphérique de 1 780 milliards de dollars, la plus grosse introduction en Bourse jamais réalisée sur cette planète. Dans le domaine spatial, la frontière entre l’exploit et la catastrophe est ténue. Mais Elon Musk est passé maître dans l’art de vendre du rêve, en faisant reposer la valorisation de l’entreprise sur la domination de technologies et de marchés qui n’existent pas encore : des centres de données d’IA en orbite, l’exploitation minière d’astéroïdes, le transport de passagers vers la Lune et Mars. L’opération tient davantage du roman d’anticipation que d’un business plan réaliste. Les investisseurs doivent avoir le cœur bien accroché. A part Starlink, considérée comme la vache à lait du groupe, les autres entités perdent de l’argent. La société est valorisée à 92 fois son chiffre d’affaires annuel (contre 11 fois pour Google). Pour justifier de tels niveaux, il ne faut pas manquer d’imagination. Chez Musk, elle est débordante. Tout au long de sa carrière, l’entrepreneur n’a cessé de se livrer à un jeu de bonneteau avec ses sociétés. Quand SolarCity (panneaux solaires) a commencé à battre de l’aile, il l’a fusionnée avec Tesla, faisant du constructeur automobile un champion des énergies renouvelables. Idem avec Twitter, racheté à prix d’or : alors que la reprise en main musclée et idéologiquement orientée frôlait l’accident industriel, il a intégré le réseau social à xAI. Désormais distancé par Anthropic et OpenAI dans la course aux investissements dans l’IA, xAI fait l’objet d’un nouveau regroupement. La société monte à bord de SpaceX pour trouver un nouvel élan. La méthode Musk est éprouvée : changer en permanence de perspectives, briser les référentiels traditionnels, repousser les frontières de l’imagination. Les objectifs ne sont pas faits pour être atteints, mais pour justifier des valorisations exceptionnelles. Il vous reste 62.8% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.