Les défaillances judiciaires dans la mort de la fillette soulèvent une vague de colère et de mobilisation. Engagée dans la lutte contre la pédocriminalité, Andrea Bescond dénonce “l’incompétence” des autorités et relance son seul-en-scène sur les violences qu’elle a subies enfant. Andrea Bescond
Julie Sebadelha/ AFP Par Marie Telling Publié le 07 juin 2026 à 15h40 Elle dénonce frontalement la pédocriminalité depuis 2014 et le lancement de son spectacle Les Chatouilles ou La Danse de la colère, récit poignant des agressions sexuelles qu’elle a subies enfant. Andrea Bescond fait aujourd’hui renaître ce seul-en-scène, entre-temps couronné d’un Molière et adapté en film, pour une date exceptionnelle, mercredi 10 juin aux Folies Bergères. « À la mémoire de Lyhanna et pour tous les enfants victimes de violences sexuelles», annonce la réalisatrice sur son Instagram. Les recettes de la soirée seront reversées à La Fondation des femmes et la représentation sera suivie d’un débat autour du sujet de la protection de l’enfance. Il y sera notamment question « des défaillances du systèmes judiciaire, du silence autour de l’affaire Epstein, de l’affaire d’État des réseaux pedocriminels dans le périscolaire, de l’exploitation sexuelle des mineurs, de l’abandon de l’ASE ». Dans son post Instagram, Andre Bescond interroge : « Pourquoi notre État se refuse-t-il de protéger nos enfants ? Comment notre Président peut-il encore être dans un tel déni malgré les faits, les évidences ? Comment peut-on encore parler de faits divers quand une enfant est tuée par un pédocriminel en série ? » Le corp de Lyhanna, 11 ans, a été retrouvé jeudi soir dans une exploitation agricole du Gers. Le principal suspect, mis en examen pour enlèvement et séquestration depuis lundi, avait déjà fait l’objet de plusieurs signalement ou plaintes, notamment pour viol sur mineur. Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a reconnu un « échec » et dit vouloir « présenter [ses] excuses à cette famille et aux Français. » « Lyhanna, l’injustice de trop » Les défaillances de la justice et des pouvoirs publics dans cette affaire ont provoqué une vague de colère, notamment sur les réseaux sociaux. Un texte diffusé par plusieurs personnalités, parmi lesquelles Jeanne Cherhal, Maïtena Biraben ou Alex Lutz, dénonce : « La France ne protège pas ses filles (...) pouvoir public réveille-toi (...) les filles ont des droits, dont celui de ne pas être des proies. » La Fondation des femmes a par ailleurs appelé à un rassemblement, lundi 8 juin à 19h, devant le ministère de la Justice place Vendôme, « pour une loi intégrale contre violences faites aux femmes et aux enfants ». Très impliquée sur le sujet de la pédocriminalité, Andrea Bescond s’est exprimée à plusieurs reprises sur l’affaire Lyhanna, notamment pour dénoncer « l’incompétence sidérante » de Gérald Darmanin. Dans un message Instagram appelant à rejoindre le rassemblement de lundi, elle dénonce « nos enfants sont violés, nos enfants sont tués, notre État regarde ailleurs, cela doit changer. Un pays qui abandonne ses enfants est un pays qui meurt. Lyhanna, l’injustice de trop ». En 2014, avant MeToo, avant la libération de la parole déclenchée par le récit de Judith Godrèche, la comédienne et danseuse présentait pour la première fois son spectacle Les Chatouilles. Dix ans plus tard, Andrea Bescond revenait pour Télérama sur l’impact de son seul-en-scène : « Je me suis pris un tsunami de témoignages, sur les réseaux sociaux et chaque soir après le spectacle. C’était dur du point de vue émotionnel. » Exorcisme de son propre traumatisme – dont elle ne parlait pas encore au lancement du spectacle –, Les Chatouilles racontait l’histoire d’Odette, petite fille de 8 ans violée à plusieurs reprises par un ami de ses parents. Un « monologue implacable et précis qui dénoue des fils où s’entremêlent le non-dit, la souffrance, la perdition et, pour finir, la reconstruction », selon notre critique, que l’on pourra donc retrouver ce mercredi 10 juin à Paris. Lire la critique “Les Chatouilles ou la Danse de la colère” : le spectacle de la réparation pour Andréa Bescond Société Théâtre Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus










