Publié le 07/06/2026 14:54
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Au MuMa du Havre, l'artiste chinois Ai Weiwei revisite les célèbres Nymphéas de Monet à travers deux œuvres monumentales composées de 650 000 briques Lego. Derrière la prouesse technique se cache aussi un récit plus intime, marqué par l'exil, la dissidence et l'histoire familiale de l'artiste.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.De loin, une peinture abstraite inspirée des Nymphéas de Monet. De près, un océan de briques en plastique. 650 000 Lego, alignés comme autant de pixels. "C'est quelque chose, quand même. Il faut le faire", confie une spectatrice. Une autre ajoute : "Ce qui me plaît, c'est de penser que les Nymphéas continuent à inspirer. Ça, ça me plaît bien. Mais personnellement, je préfère aller voir les Nymphéas."Deux œuvres gigantesques et très fragiles qu'il a fallu monter non pas Lego par Lego, mais tout de même panneau par panneau. Un défi aux allures de puzzle géant pour les équipes du musée. Laurène Marin, régisseuse au MuMa - Le Havre (Seine-Maritime), explique : "À l'emballage, ils ont pris soin de cellophaner les bords pour bien maintenir les Lego sur le panneau. Comme ils ne sont pas collés, il y a sinon un risque éventuel de chute."En cas d'accident, pas d'inquiétude, tout est prévu. Une notice de 288 pages cartographie chaque millimètre de l'œuvre. "Sur un document, j'ai l'exact emplacement de chaque pièce avec la référence des couleurs utilisées. Et puis les galeries qui nous prêtent les œuvres nous fournissent des pièces de rechange au cas où il y aurait des chutes ou des pertes", précise Hector Buscemi, régisseur au MuMa - Le Havre (Seine-Maritime).L'homme derrière cette folie, c'est Ai Weiwei, immense star, artiste provocateur, sale gosse de l'art contemporain et poil à gratter du régime chinois. Sur une célèbre photo, il fracasse une antiquité vieille de 2 000 ans. Sur une autre, il fait poser sa compagne dénudée devant le palais impérial. L'artiste agace au point de finir en prison et de devoir s'exiler. Même la marque Lego préfère aujourd'hui garder ses distances. "La marque m'a dit : on ne vend pas de Lego pour un usage politique. Je me suis dit : mince, comment je vais faire ? Alors j'ai posté un message sur Instagram. Immédiatement, des milliers de personnes m'ont proposé de m'en offrir", raconte Ai Weiwei.Dans cette œuvre, Ai Weiwei a glissé un bout de son histoire. Une porte noire, un hommage à son père, lui aussi dissident, lui aussi contraint de quitter sa maison. Comme quoi, les chiens ne font pas des chats.









