Publié le 07 juin 2026 à 10:43.
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De 10 heures du matin à 22 heures, depuis le 31 mars, Thomas Hirschhorn a arpenté l’espace sous la voûte et tout autour du Pavillon Sicli où il a bâti, avec une cinquantaine de personnes, un «monument» à Simone Weil. Scotch et cutter à la main, les poches remplies de matériels, de stylos, de papiers, l’artiste passe de la photocopieuse à la discussion philosophique, dépannant ici un usager, réparant là un accroc dans une surface de plastique, donnant des ateliers, écoutant des conférences, rencontrant le public. L’artiste a traversé des crises et des colères, il s’est retrouvé confronté au réel et au collectif, mais aussi, dit-il, aux moments de grâce qu’il appelait de ses vœux.
Le Temps: Qu’avez-vous appris ici au Pavillon Simone Weil?
Thomas Hirschorn: Dans L’Enracinement, Simone Weill dit que l’obligation prévaut sur le droit. J’ai pu faire ici l’expérience concrète de ce que ça veut dire. Il y a, ici, une personne qui vient tous les jours avec sa fille autiste qui n’a pas de place en institution. Elle y aurait droit. Mais comme son père n’a pas de papier, qu’il est dans une situation instable, elle n'en a pas. Son droit ne l’aide en rien. Et c’est là où je trouve magnifique ce que dit Simone Weil: l’obligation est plus importante que le droit parce que, toi-même, tu peux t’en emparer. Et ce père s’en empare magnifiquement, en s’occupant lui-même de sa fille, en ne la laissant pas tomber, en venant chaque jour. Le droit dépend toujours des autres, l’obligation de nous-même dit Simone Weil. Ici, je l’ai vu concrètement.













