Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement L'époque L'époque L'époque Santé Santé Santé La « folk pharmacology », conceptualisée par le sociologue britannique, décrit la manière dont des communautés, notamment dans le milieu de la musculation, produisent leurs propres savoirs sur de nouvelles substances en dehors du cadre médical et souvent sans évoquer les risques. Article réservé aux abonnés Des réseaux sociaux aux salles de sport, l’autoexpérimentation de molécules encore en développement, comme les peptides, de petites chaînes d’acides aminés, connaît un fort engouement. Cette pratique, fondée sur l’expérience partagée, le témoignage des pairs et une lecture pour le moins sélective de la littérature scientifique, est appelée folk pharmacology (« pharmacologie populaire ») par le sociologue britannique Luke Turnock, chercheur à l’université de Lincoln (Royaume-Uni), spécialiste des drogues de performance et des sous-cultures de salle de sport. L’autoexpérimentation à base de substances telles que les peptides, qui se démocratise aujourd’hui, peut-elle être envisagée comme une forme de performance sociale ? Oui, et elle est en partie genrée. S’exposer, tester, encaisser les effets secondaires de ces produits et documenter le tout confère une forme de capital symbolique, principalement masculin. Historiquement, dans les forums où se réunissaient des adeptes de la musculation ou du bodybuilding, ceux qui expérimentaient en premier, par exemple un nouveau stéroïde, gagnaient en crédibilité. Sur YouTube, cette logique se transforme en performance publique : le corps devient un terrain d’expérimentation visible et la prise de risque un élément de mise en scène. Il vous reste 79.23% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.