Veuve du président Jacques Chirac, seule première dame à avoir exercé un mandat politique, elle était devenue populaire pour son engagement caritatif, notamment à la tête des Pièces jaunes. Elle avait été incarnée à l’écran par Catherine Deneuve en 2023. Bernadette Chirac, le 9 septembre 2005,
Photo by Joël Saget/AFP Photo by Joël Saget/AFP Publié le 06 juin 2026 à 11h57 Bernadette Chirac, veuve de l’ancien président de la République Jacques Chirac, est décédée vendredi soir à l’âge de 93 ans, a annoncé samedi matin à l’AFP sa fille Claude Chirac. Née Bernadette Chodron de Courcel, l’ancienne première dame « s’est éteinte dans la soirée, paisiblement, entourée des siens. Elle venait d’avoir 93 ans », le 18 mai dernier, a déclaré sa fille. Elle aura été la seule première dame à avoir elle-même exercé un mandat politique sur son nom propre, celui de conseillère générale de Corrèze, département où elle a été élue sans discontinuer de 1979 à 2015. Avec son allure bourgeoise et son célèbre conservatisme, Bernadette Chirac aurait pu rester dans l’ombre de celui dont elle a été l’épouse pendant plus de soixante ans et qu’elle avait accompagné tout au long de son chemin vers l’Élysée (ministères, Matignon, mairie de Paris, RPR…) jusqu’à la victoire à l’élection présidentielle de 1995, au troisième essai. Née le 18 mai 1933 à Paris, Bernadette Chodron de Courcel a grandi dans une famille de diplomates du XVIe arrondissement de la capitale. Élève de Sciences po Paris, elle y rencontre Jacques Chirac, qu’elle épouse en 1956. Découvrir la note et la critique La Revanche de Bernadette Chirac Durant le premier mandat présidentiel (1995-2002) de celui-ci, elle est d’abord reléguée au second plan, avant de jouer un rôle essentiel dans sa réélection en 2002. Devenue très populaire auprès des Français, notamment à la tête de l’opération Pièces jaunes en faveur des enfants hospitalisés, elle a été aussi la coqueluche des élus de droite, qui s’arrachent son soutien aux municipales et aux législatives. En 2001, dans son livre Conversation, elle affirmait ainsi, comme le rappelle Le Monde : « Que voulez-vous, je n’aime pas être écrasée ». Sens du politique et des punchlines Dotée d’un solide sens politique et d’un légendaire sens de la répartie, celle qui avait acquis le surnom de « Bernie » avait mis en garde Jacques Chirac en 1997 contre le désastre d’une dissolution, dont elle accablait le secrétaire général de l’Élysée d’alors Dominique de Villepin, appelé « Néron » en petit comité. Son époux racontait aussi qu’elle avait été la seule à l’alerter sur la montée du leader du Front national Jean-Marie Le Pen lors de la présidentielle de 2002. « Elle est la femme de ma vie, nous avons tant accompli ensemble ! », disait d’elle Jacques Chirac dans ses Mémoires. Sa personnalité avait d’ailleurs inspiré le vrai-faux biopic, Bernadette (2023), comédie pop qui fantasmait la revanche de cette figure souvent moquée, interprétée ici par Catherine Deneuve. Interviewée par le magazine Première, Léa Domenach, réalisatrice du film, racontait avoir voulu « renverser la balance ». « Je suis née sous Mitterrand, j’ai donc grandi avec les Guignols de l’info et cette image de mégère, maltraitée et humiliée au fil de sketchs qui, aujourd’hui, paraissent incroyablement misogynes, expliquait-elle. J’ai (...) redécouvert cette femme qui m’avait toujours semblé un peu aigrie, un peu ringarde mais qui, au fond, s’en prenait plein la gueule en silence. Je n’ai pas son âge, je suis de gauche, féministe, d’un milieu social différent. Mais ça m’a parlé. J’avais devant moi un vrai personnage de comédie. » Découvrir la note et la critique “Bernadette” : la drôle de revanche d’une femme qui a plus d’un tour dans son sac Société Politique Mort Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus










