Publié le 03/06/2026 21:58
Mis à jour le 03/06/2026 22:27
Temps de lecture : 2min - vidéo : 3min
Le Royaume-Uni est une destination devenue inaccessible pour beaucoup de Français depuis le Brexit : rien que le visa coûte plus de 2 000 euros. Les logements aussi sont beaucoup plus chers. Les équipes de France Télévisions ont suivi des Français de Londres qui galèrent.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.Elle avait la réputation d'être la sixième ville de France. Londres et ses quelque 300 000 Français expatriés au moment du Brexit. Mais dix ans plus tard, la vie de ceux qui ont fait le choix d'y rester ou de s'y installer est parfois devenue un vrai casse-tête. Amaury Levisalles fait partie de ceux que le vote de 2016 n'a pas découragés. Mais pour son épicerie française du nord de Londres, il a dû s'adapter à des normes plus strictes. "Ce qui est plus épicerie fine, maintenant, on doit faire le dédouanement à l'export de la France et le dédouanement à l'import en Angleterre. Au niveau des produits frais, tout ce qui est fromage, charcuterie, là, c'est plus complexe", explique le propriétaire de l'épicerie & bar et authentique boulangerie. Un surcoût de plus de 100 euros par palette de charcuterie importée, par exemple, et des démarches administratives d'une dizaine de pages à remplir à chaque fois.Et ce n'est pas le seul souci pour l'entrepreneur. Impossible désormais de recruter de nouveaux salariés français pour sa boulangerie attenante, à cause des conditions d'obtention des visas de travail. "L'État anglais demande d'avoir un niveau scolaire équivalent à un type licence, un niveau d'anglais assez élevé, qui est l'équivalent du niveau B2, qui n'est pas le cas de la plupart des boulangers. On forme sur place", indique Amaury Levisalles.Le problème touche notamment les métiers de bouche, mais aussi toutes les branches professionnelles. Notre bureau londonien de France Télévisions ne fait pas exception. Un visa est obligatoire pour toutes les nouvelles recrues, comme notre futur correspondant Benjamin Delombre. Une procédure fastidieuse et coûteuse. "Je dois choisir entre une vingtaine de visas. Il y en a un pour les travailleurs saisonniers, il y en a un pour les personnels de santé. Ça fait à peu près 2 000 euros, 2 500 euros pour obtenir un visa juste pour une année", constate Benjamin Delombre, futur correspondant de France Télévisions à Londres.Face à ces freins à l'entrée, un chasseur d'appartements spécialisé dans les demandes de Français a dû changer ses méthodes. C'est désormais téléphone à la main qu'il fait visiter les logements. "99 % des visites de nos clients se font à distance. La préparation des visas prend du temps et, de ce fait, ils n'ont pas forcément le temps de venir se déplacer pour faire les visites ensuite. C'est-à-dire qu'une fois qu'ils ont leur réponse de visa, en général, juste derrière, ils doivent arriver", observe Chakir Zahid, chasseur d’appartements Destination Londres et Montréal.Mais surtout, le nombre de clients de Chakir Zahid s'est effondré, de 5 par semaine à 5 par mois. Alors, il a dû augmenter ses tarifs, une hausse possible, car le profil des expatriés a aussi changé. "Étant donné qu'on n'a plus ces petits jeunes qui arrivent en voulant une expérience d'un an, en travaillant en restauration, vu que c'est plus possible, on a plus une élite, donc avec plus de moyens. On a des recherches qui vont de 1 500 livres, la chambre en colocation, jusqu'à 6 000 et plus", partage Chakir Zahid.Difficile de savoir précisément combien de Français sont aujourd'hui installés au Royaume-Uni, mais le pays est incontestablement devenu un rêve inaccessible pour beaucoup de Français.









