Le gouvernement Trump souhaite imposer de nouveaux droits de douane de 10 % ou plus sur les produits provenant de dizaines de partenaires commerciaux majeurs, dont le Canada.Cette volonté d’imposer de nouveaux droits de douane découle d’une enquête sur les importations de marchandises qui auraient été fabriquées en recourant au travail forcé.Ainsi, le Canada, le Mexique, Taïwan, le Royaume-Uni et certains autres pays et territoires seraient soumis à des droits de douane supplémentaires de 10 % pour ne pas avoir, prétendument, appliqué l’interdiction d’importer des produits issus du travail forcé.Les marchandises conformes à l’Accord Canada–États-Unis–Mexique seraient cependant exclues, tout comme certains produits clés.Des droits de douane supplémentaires de 12,5 % seraient par ailleurs imposés à la Chine, au Japon, à l’Inde, à la Corée du Sud, au Brésil, à la Suisse et à des dizaines d’autres pays.« L’incapacité de nos principaux partenaires commerciaux à lutter contre l’importation de marchandises fabriquées par le travail forcé est inacceptable », a soutenu le représentant américain au Commerce (USTR), Jamieson Greer, dans un communiqué.« Cela crée une situation où les travailleurs américains sont contraints de rivaliser à l’échelle mondiale dans des conditions inégales », a-t-il plaidé.M. Greer a martelé que « chacun de nos partenaires commerciaux doit en faire plus pour garantir que le commerce n’encourage pas et ne renforce pas de manière perverse le travail forcé à l’échelle mondiale ».Selon l’USTR, l’incapacité à empêcher de telles importations est « déraisonnable » et « alourdit ou restreint » le commerce américain.Cette nouvelle salve de droits de douane risque de déstabiliser les principaux partenaires commerciaux des États-Unis, qui ont été frappés par des vagues tarifaires depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, l’an dernier.Il y a tout juste deux semaines, l’Union européenne a approuvé un accord tarifaire avec les États-Unis visant à plafonner à 15 % les droits de douane sur la plupart de ses exportations, au terme de débats intenses.Lors d’une récente visite en Chine, M. Trump et le président chinois, Xi Jinping, ont discuté de l’élargissement de l’accès au marché pour les entreprises américaines en Chine et de l’augmentation des investissements chinois dans les industries américaines.Une porte-parole du gouvernement chinois a rejeté les allégations de travail forcé. Elle a appelé à résoudre les problèmes économiques par le dialogue, affirmant qu’une guerre commerciale ne sert les intérêts de personne.« Le travail forcé n’existe pas en Chine, et nous nous opposons à ce qu’il soit utilisé comme prétexte pour se livrer à des manipulations politiques », a affirmé à Pékin la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Mao Ning.Contourner la Cour suprêmeLes nouveaux droits de douane n’entrent pas en vigueur immédiatement, puisqu’ils sont soumis à une consultation publique et à un examen. Les audiences publiques doivent s’amorcer le 7 juillet.L’enquête sur des manquements présumés à l’obligation d’empêcher les importations de marchandises prétendument fabriquées par le travail forcé a été menée en vertu de l’article 301 de la Loi sur le commerce de 1974.Cette stratégie permettrait à M. Trump de contourner les limites imposées à ses droits de douane par la Cour suprême.La conclusion de l’enquête était que 60 pays ayant été examinés n’avaient pas appliqué l’interdiction d’importer des marchandises produites par le travail forcé.