Le projet Normandy Memory, grand spectacle vivant permanent autour d’une commémoration du débarquement de Normandie et de la bataille du 6 juin 1944, au cours de la Seconde Guerre mondiale, refait surface. Il prendra place à Colombelles, mais cette fois dans l’ancien Grand Palais éphémère, qui avait été érigé à Paris pour accueillir des épreuves durant les Jeux olympiques de Paris, et qui sera déménagé en Normandie.Du côté québécois, il sera mis en scène par François Girard et scénographié par Stéphane Roy. Ce dernier travaillera avec Frédéric Krivine, qui est aussi créateur de la série télévisée sur l’Occupation, Un village français. L’ouverture du complexe, qui sera érigé dans une friche à Colombelles, aux portes de Caen, est prévue en 2028.Le projet, controversé, n’en est pas à sa première version. L’Association pour le tourisme dans la dignité de Caen la mer critique depuis le début des propositions sensationnalistes qui y ont été associées. On y dénonçait notamment ce qui avait été annoncé comme un « D-Day land » avec des « effets waouh » et la restitution des « fragrances de la guerre ».Il semble que ces protestations ont été entendues, puisque Laurent Choubrac, de l’Association, se dit rassuré du fait que le Normandy Memory se déroulera désormais entièrement à l’intérieur.« Nous considérons aujourd’hui que nous avons contribué à éviter le pire. Nous pensons toujours que ce projet cannibalisera le Mémorial, véritable outil pédagogique, et qu’il continue de poser problème en matière de circulation. Nous observons qu’à ce jour, le projet n’est toujours pas doté d’un conseil scientifique indépendant, ce qui pose la question de son évolution dans la durée, puisque le programme en sera périodiquement renouvelé », a écrit l’Association dans un communiqué.Il faut dire qu’il s’agit là d’un projet permanent d’une très grande envergure, même si la dimension du site a été réduite en cours de route de dix à six hectares. On y trouvera 1600 places assises, pour regarder un spectacle auquel ne participeront plus des acteurs, mais plutôt des figurants. Dans une entrevue accordée à Ouest-France, Marc Pottier, le maire de la ville de Colombelles, qui est également historien et auteur, considérait que les Québécois François Girard et Stéphane Roy apportaient une espèce de garantie intellectuelle au projet.