Depuis le début de la guerre en Iran, l’achalandage du canal de Panama est en nette progression. Une hausse principalement attribuable à l’augmentation du nombre de pétroliers et de méthaniers qui empruntent cette voie de passage entre les océans Atlantique et Pacifique. Certains d’entre eux sont prêts à payer des millions de dollars pour atteindre plus rapidement leur destination.Selon Bimco, la plus grande association maritime internationale, le nombre de navires transitant par le canal de Panama a augmenté de 16 % de la mi-avril à la mi-mai par rapport à la même période l’an dernier. Dans les deux dernières semaines, cette hausse a grimpé à 22 % — au point où la voie maritime est près de sa capacité maximale.« C’est directement lié à la guerre en Iran », explique au Devoir Niels Rasmussen, l’analyste en chef du transport maritime chez Bimco, basé à Copenhague. Depuis la fermeture du détroit d’Ormuz, les pays qui importaient du pétrole du Moyen-Orient ont été contraints de trouver de nouveaux fournisseurs.« Une de ces alternatives consiste à importer davantage depuis les États-Unis. […] Le pays a atteint un niveau record d’exportation de pétrole ces dernières semaines. » Des tankers remplis de produits pétroliers et gaziers quittent ainsi le golfe du Mexique en plus grand nombre pour se diriger vers les marchés sud-américains et asiatiques, notamment le Japon, la Corée du Sud et même la Chine.Les cargaisons de charbon sont aussi en hausse dans le canal, note M. Rasmussen. « Il y a une transition en cours : on voit davantage de charbon être expédié alors que de moins en moins de gaz naturel liquéfié est exporté par le golfe Persique. »