Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Sciences Sciences Sciences Médecine Médecine Médecine Un taux élevé de cet antigène peut être associé à un cancer sans en être spécifique. Après la publication d’une méta-analyse de l’organisation indépendante Cochrane, trois spécialistes plaident pour une surveillance active afin de limiter le recours à une biopsie ou à des traitements aux effets éventuels négatifs. Article réservé aux abonnés Le cancer de la prostate est le plus fréquent et le troisième plus meurtrier chez les hommes, après celui du poumon et le cancer colorectal. D’après l’Institut national du cancer, il est à l’origine de près de 60 000 nouveaux cas en France en 2018 et de plus de 9 000 morts en 2022. S’il est rare avant 50 ans, son incidence augmente progressivement avec l’âge, ce qui soulève la question de son dépistage systématique. Le dosage de l’antigène prostatique spécifique (PSA) par une prise de sang, utilisé comme méthode de diagnostic précoce, fait depuis longtemps débat quant à sa pertinence comme outil de dépistage. Ce marqueur est produit par la prostate, petite glande située sous la vessie qui produit le liquide séminal chez les hommes. Un taux sanguin élevé (≥ 4 ng/ml) peut être associé à un cancer, sans pour autant en être spécifique. D’autres causes peuvent faire augmenter le taux de PSA, comme une hypertrophie bénigne de la prostate ou une inflammation. Par ailleurs, le cancer de la prostate évolue lentement dans une majorité de cas, contrairement à d’autres types de cancers, comme celui du sein, le plus fréquent et meurtrier chez les femmes. A cet égard, Gilles Créhange, chef du département d’oncologie-radiothérapie de l’Institut Curie, rappelle les résultats d’une étude du New England Journal of Medicine parue en 2003 et réalisée à partir d’autopsies : 29 % des hommes de 30 à 40 ans présentaient des cellules cancéreuses de prostate, ce chiffre s’élevant à 64 % chez les hommes de 60 à 70 ans. Beaucoup de patients décéderaient ainsi « avec », plutôt qu’« à cause de » leur cancer. Un dépistage permettrait de détecter plus précocement de rares cas de cancers agressifs, avant même l’apparition de symptômes, et d’assurer une meilleure prise en charge. Mais beaucoup d’hommes, « faux positifs » au test PSA ou atteints de formes peu évolutives du cancer, pourraient subir de manière injustifiée une biopsie, voire un traitement avec ses effets éventuels négatifs (problèmes urinaires, érectiles ou intestinaux). Il vous reste 61.3% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.