Avancée majeure ou simple opération de communication? La prise de la forteresse de Beaufort dans le sud du Liban est présentée par Israël comme un tournant dans son offensive contre le Hezbollah, mais ravive aussi, 26 ans après son retrait du site, de douloureux souvenirs.En annonçant dimanche s’en être emparées, les autorités israéliennes ont insisté sur le symbole: 44 ans plus tôt quasi jour pour jour, les soldats prenaient le contrôle de ce château médiéval surplombant une vaste vallée, dont ils allaient faire leur base pendant deux décennies d’occupation du sud du Liban.En diffusant rapidement des images de soldats pénétrant dans les ruines, l’armée faisait écho à la photo de 1982, montrant le ministre de la Défense d’alors Ariel Sharon et le Premier ministre Menahem Begin au même endroit.Mais pour de nombreux Israéliens, cette photo et le site de Beaufort sont restés le symbole d’un enlisement: 22 ans d’occupation militaire n’avaient pas permis de faire disparaître le Hezbollah pro-iranien, une bête noire d’Israël.« Leçon pas retenue »« Sa conquête est un signe flagrant que nous n’avons pas retenu la leçon », critique Nadav Pollak, ancien membre du renseignement.Ce professeur à l’université israélienne Reichman tacle sur X une décision « stupide » ne servant qu’à mettre en avant des exploits militaires, sans penser que « pour de nombreux Israéliens, le site est le symbole de la bêtise qu’a été de rester dans le sud du Liban ».