«Dieu a créé la matière, mais le diable a créé les surfaces», aime à dire François Gremion. Un adage un peu geek, mais qui a l’avantage de bien résumer le cœur de métier de son entreprise. Surcotec, ainsi que sa filiale Syvaco, sont spécialisées dans le dépôt de couches matérielles extrêmement fines sur des pièces horlogères, à des fins décoratives ou fonctionnelles.L’entreprise a été fondée le 1er août 1995, alors que François Gremion travaillait encore comme ingénieur à l’Institut de recherche Battelle à Carouge. Cette institution issue du Plan Marshall s’apprêtait à fermer. «Mon patron de l’époque, Pierre Mathey, m’a alors proposé de créer notre propre entreprise», se souvient-il.Pierre Mathey avait plus de 30 ans d’expérience dans les traitements galvaniques – ces procédés d’électrolyse qui permettent de déposer des couches métalliques, notamment pour protéger les pièces de la corrosion. Mais il pressentait l’arrivée d’une rupture technologique: le dépôt de très minces couches sous vide, un procédé déjà utilisé dans l’industrie électronique.
Vaporiser des matériaux
«Certains sous-traitants horlogers, comme Beyeler pour les cadrans, avaient déjà intégré ces technologies. Mais leur usage restait surtout décoratif, en complément des traitements galvaniques», explique François Gremion. Les dépôts galvaniques restaient toutefois limités à certains métaux, comme l’or, le rhodium ou le platine. Alors que le procédé de dépôt physique en phase vapeur, ou PVD (physical vapor deposition) avait été développé dans l’industrie des semi-conducteurs dans les années 1980 et 1990 et offraient une bien plus grande liberté. Ils permettaient de déposer, sous forme de films minces, une très large variété de matériaux – pratiquement tous les éléments et leurs alliages.













