Publié le 01/06/2026 22:37
Mis à jour le 01/06/2026 22:46
Temps de lecture : 2min - vidéo : 3min
Dans le bâtiment, le réemploi s’impose peu à peu comme une alternative au neuf. Recycleries et chantiers spécialisés récupèrent, nettoient et reconditionnent des matériaux et sanitaires destinés à la benne, pour réduire les déchets et proposer des solutions moins chères et plus écologiques.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.Des rayons qui débordent de bric-à-brac, des radiateurs à 20 euros, du bois de 1 à 8 euros le mètre, ou encore des lavabos à 10 euros. Dans une recyclerie toulousaine, tous les matériaux sont d'occasion et à prix cassé. Benoît Bunel est un habitué des lieux. En plein chantier de rénovation, il vient de trouver la perle rare, des tuiles idéales pour sa toiture. "50 centimes la tuiles au lieu de 7-8 euros, il faut couvrir presque 50 m², ça fait cher", note-t-il. Depuis plus de dix ans, la recyclerie collecte des matériaux, des surplus ou des invendus dont des professionnels et des particuliers souhaitent se débarrasser en évitant un passage à la déchetterie. Elle les propose ensuite à prix bas, un geste pour le portefeuille mais aussi pour la planète. Une motivation supplémentaire pour choisir la seconde main selon Édouard Baudouin, le cofondateur de la recyclerie Recyclo'Bat. "Chaque fois qu'on utilise du réemploi, en plus de combler un besoin qu'on a de faire des économies, parce que c'est moins cher, on participe aussi à recycler un déchet et à ne pas produire de nouvelles matières", avance-t-il. Réemployer des matériaux pour rendre les chantiers plus propres. À Paris, à l'intérieur d'une ancienne faculté en pleine rénovation, les sanitaires sont traités avec précaution par Halil Cetin et ses équipes. "On ne peut pas aller vite parce que si on y va vite, on casse la cuvette et ça fait que vers la poubelle. On ne pourra pas faire du réemploi", raconte le chef de chantier. Ce WC, comme une centaine d'autres dans le bâtiment, ne sera pas détruit, mais reconditionné. Des équipements sanitaires arrivent chaque jour par dizaines de toute la France dans un atelier. "Vraiment, on le voit, c'est sale, il y a de la poussière. Je pense que si on regarde un peu plus, on le voit vraiment, ça a vécu, il y a du calcaire, c'est vraiment pas très joli. Tout ce qu'on peut attendre d'un WC qui a vécu pendant 15-20 ans" explique Matthieu Meheust, le directeur innovation de Vesto.Les toilettes et les lavabos en céramique, destinés à la casse, sont rachetés pour une dizaine d'euros pièce par l'entreprise. Démontés, ils passent ensuite par un grand nettoyage. "On va venir tremper les éléments dans des bains d'acide pendant trois jours pour des WC, et une journée pour des lavabos. C'est plus long pour des WC parce qu'il y a beaucoup plus de calcaire et beaucoup plus de saleté", détaille Matthieu Meheust. Un rinçage et quelques finitions avant d'installer une chasse d'eau neuve, le seul élément qui n'est pas recyclé, et le WC est prêt à être revendu.Pour l'instant, impossible de faire moins cher que du neuf. Les clients sont surtout des bailleurs, convaincus par l'argument écologique. Matthieu Meheust précise : "Chaque WC reconditionné, c'est à peu près 30 kg de déchets sauvés. On en reconditionne pas loin de 10 000, donc c'est déjà 300 tonnes de déchets évités. Et l'idée, c'est d'en faire beaucoup plus pour diminuer cette part de la construction dans l'émission de déchets en France."Grâce à ces toilettes reconditionnées, les entreprises clientes améliorent leur bilan écologique dans un secteur très polluant. En France, la construction représente 70% des déchets produits.









