Publié le 31/05/2026 21:22

Mis à jour le 31/05/2026 21:24

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Dominique de Villepin, ancien Premier ministre, ancien ministre des Affaires étrangères, était l’invité de Tout est politique sur franceinfo, dimanche 31 mai.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l'interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.France Télévisions : J'imagine que vous avez regardé la victoire du PSG samedi 30 mai en Ligue des champions. Est-ce qu'elle redonne la fierté au pays, comme l'a dit le chef de l'État ?Dominique de Villepin, ancien Premier ministre, ancien ministre des Affaires étrangères : C'est un exemple à suivre. Le chef de l'État l'a dit, et c'est un bon exemple juste avant la Coupe du monde. Souhaitons que ce soit de bon augure pour notre équipe nationale. C'est tout le sport qui était à la fête ce week-end [samedi 30 et dimanche 31 mai], parce que nous avons eu aussi la très belle victoire de Victor Wembanyama en finale avec San Antonio, Moïse Kouamé au tennis. Les tricolores sont à la fête.Dans cette équipe, il y a quelque chose de particulier : c'est le corps collectif. On pourrait même dire un esprit mousquetaire, tous pour un, un pour tous.Il y a deux choses de particulières dans cette équipe, à mon humble avis. La première, vous avez raison, c'est le collectif. La deuxième, c'est que le patron de cette équipe, l'entraîneur, [Luis Enrique] a apporté un nouvel esprit qui pourrait d'ailleurs servir à la France tout entière, puisqu'il a cassé l'habitude traditionnelle en football où les avants marquent des buts et sont à l'avant, les arrières sont à l'arrière. Là, il a donné la même consigne à tout le monde : 'faites le boulot, soyez partout sur le terrain, courez, je veux voir tout le monde courir'. Et cette idée qu'il n'y a pas de séparation entre la première ligne et la deuxième ligne, je trouve que c'est un formidable exemple pour la France tout entière. Et une mobilisation qui est indispensable quand on veut remettre de l'ordre dans un pays qui, malheureusement, est en souffrance.Vous avez vu, j'imagine aussi, ce qui s'est passé dans les rues de la capitale et un peu partout en France : c'est l'envers du décor, les violences, il y a eu de la casse et 780 interpellations. Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, explique que la situation était sous contrôle. Vous avez l'expérience de ça, parce que vous avez affronté plusieurs semaines d’émeutes en 2005 et vous aviez fait jouer l'état d'urgence.Absolument, mais c’est tout à fait différent, puisque là, nous sommes devant des événements sportifs, donc des événements prévisibles, qui sont susceptibles d'être préparés longtemps à l'avance. Mais à cet égard, il faut saluer la mobilisation des forces de l'ordre qui comptent des victimes parmi elles. Et c'est quelque chose de tout à fait inacceptable. La plus grande fermeté doit être au rendez-vous.La situation était-elle sous contrôle comme le dit le ministre de l'Intérieur, selon vous, samedi soir ?On voit bien, compte tenu des débordements, que ce n'était pas tout à fait le cas. Il y a des leçons à tirer.Par exemple ?Par exemple, en matière de maintien de l'ordre, je pense que l'un des objectifs les plus importants, c'est de séparer ce que nous connaissons comme étant les plus violents du reste de la population qui veut fêter l'événement. Il y a d'abord la traçabilité de ceux qui sont ces groupes violents et donc faire en sorte qu'ils puissent être isolés dans le cadre de ces manifestations et éviter qu'ils ne se mélangent avec la population. Je crois que très en amont, il y a une culture sportive aussi à développer, ce que font d'autres pays, notamment en matière de mobilisation citoyenne pour la préparation de ces événements, saturés par des citoyens qui sont chargés de surveiller ce type d'événements, d'accueillir, mais aussi de veiller à tous les débordements. Il y a véritablement à davantage prendre en compte ce risque quadrillé par cette présence qui doit anticiper certains risques et isoler ces groupes violents que l'on connaît, que l'on voit agir et qui ne doivent pas se mêler à la foule de ceux qui sont là.Bruno Retailleau parle de rituels qui se répètent et s'aggravent, comme une forme de culture de la violence ou de l'émeute qui s'installe ; ce n'est pas la première fois, dans le pays. Est-ce que vous avez les mêmes mots ? Comment voulez-vous juger ces violences ?Inacceptables. Et il y a une forme d'exutoire qui s'exprime à cette occasion, la colère qui s'exprime ici et là dans la société française. C'est une particularité, malheureusement, que l'on retrouve plus souvent en France. Et cette récurrence, on ne peut pas s'y habituer. Il faut casser ce cycle. La réponse sécuritaire est nécessaire, mais elle ne peut pas être la seule réponse. On ne peut pas uniquement surenchérir. Il y a des dispositifs de maintien de l'ordre, et il y a en amont un certain nombre de bonnes pratiques pour tous ceux qui aiment le sport et pour toutes ces grandes manifestations. Reconnaissons que ce week-end, nous avions 190 000 personnes en plus qui étaient accueillies pour des grands événements.Il y avait des concerts, notamment avec Aya Nakamura.Absolument, il y avait également Roland-Garros. Il faut faire face à plusieurs risques à la fois. Ça implique véritablement une culture de ces événements que nous n'avons pas suffisamment.Bruno Retailleau, candidat dans la course à la présidentielle, parle de crise d'autorité "qui ne se résoudra pas, dit-il dimanche 31 mai sur X, sans s'attaquer au désordre migratoire". Il fait un lien avec l'immigration et ce qui s'est passé samedi. Est-ce qu'il a raison ?Bruno Retailleau est coutumier du fait. Lier les événements, même quand ils n'ont que peu de choses à voir, c'est une pratique qui relève de l'amalgame. Je crois qu'il faut prendre les événements pour ce qu'ils sont, essayer d'apporter des réponses et éviter de faire de la politique politicienne. Ce sont des problèmes extrêmement distincts. Et évidemment, politiquement, on peut surfer sur cette vague. Je ne crois pas que ce soit tout à fait la meilleure réponse.Cliquez sur la vidéo pour regarder l'entretien en intégralité